
La substance et l'accident : deux concepts aristotéliciens pour régler les conflits dans les transports en commun.
"Service minimum : pour changer la grève dans les transports publics, réécoutons Aristote", de Jacques Bichot, économiste, sur Liberté Politique
Nous-nous sommes souvent posé la question de savoir comment ces attentats ont été possibles ?
Nous avons vu, lu ou écouté beaucoup d’explications qu’elles soient religieuses, géopolitiques, historiques, etc…
Je souhaiterais cependant apporter une approche complémentaire philosophique, car cela me semble important pour tirer partie de l’avenir.
Pour cela, il faut examiner le concept de liberté. Il en existe deux approches : la classique (jusqu’au XIIIème siècle) et la moderne (après le XIIIème).
Cette dernière est celle défendue par les anglo-saxons aujourd’hui (et beaucoup d’autres). La liberté au sens moderne est conçue comme la capacité de faire un choix indifférent. Je peux choisir aussi bien le mal que le bien ou le meilleur et le pire. Peu importe, car il s’agit avant tout de faire un choix sans contrainte. La liberté est donc conçue comme une licence.
A ce stade, nous pouvons alors comprendre la façon dont les américains conçoivent la liberté d’expression : c’est un droit illimité, nous pouvons pratiquement raconter ce que l’on veut et même appeler au crime et personne ne pourra vous empêcher de vous exprimer. Cela fait partie du premier amendement de la constitution américaine. Cet amendement est considéré comme un pilier de la société américaine. Un imam peut donc sur la place publique, ou au sein d’une mosquée appeler à mener une guerre sainte, en appelant au massacre des chrétiens ou la destruction des USA par exemple.
De la même manière, la liberté religieuse est un fondement aux USA. Toute personne a le droit illimité de pratiquer sa religion quelques soient les conditions. Le contraire est inconcevable, quand on voit le foisonnement d’Eglises différentes aux USA. Des musulmans intégristes peuvent donc embrigader, procéder à un lavage de cerveau de futurs « martyrs » candidats au suicide. Ils peuvent aussi obliger des musulmans non pratiquants à se radicaliser, à appliquer la charia.
L’approche classique est toute autre. La liberté est avant tout conçue comme un moyen de faire le meilleur. C’est la capacité de faire un choix pour l’excellence. Bien entendu, ce choix doit se faire sans pression extérieure mais aussi intérieure, car pour faire un choix juste, je dois nécessairement me délivrer de mes tensions intérieures qui m’empêchent de percevoir la vérité. Il ne s’agit pas de faire un choix indifférent. Si j’ai le choix entre un bien et un mal, je dois choisir le bien. Si j’ai le choix entre un bien fade et un bien meilleur, je dois choisir le meilleur. Si j’ai le choix entre la médiocrité ou l’excellence, je dois choisir l’excellence pour être authentiquement libre.
Autrement dit, si j’agis de manière contraire au bien, j’agis contre ma nature qui est de faire le bien, je ne suis donc pas libre. Nous touchons du doigt la grande révolution de la liberté classique que les modernes ont oublié : nous ne pouvons être libres si nous commettons le mal, si nous effectuons des actes contraires à notre nature humaine. Nous sommes alors prisonniers de nos faiblesses.
Les américains ont brutalement pris conscience des limites de la liberté. Ils pourraient penser : « Comment ces horreurs ont-elles pu avoir lieu alors que nous leur avons donné [aux terroristes] toute la liberté possible, c’est à dire, ce que nous estimons de meilleur dans notre pays ? ».
Cela est certainement en partie dû à une vision restrictive de la liberté à un choix indifférent.
En protégeant ce choix, les américains ont cru qu’ils protégeaient la liberté. Or, pour les classiques, utiliser la liberté pour faire le mal, c’est au contraire tuer la liberté. On ne peut donc pas se contenter de protéger le simple choix, il faut aller plus loin. Il faut nécessairement examiner ce choix. Pour protéger la liberté on ne peut pas au nom de « la liberté d’expression », laisser des hommes appeler au crime. Sous prétexte de protéger la liberté religieuse, on ne peut pas non plus laisser des hommes organiser n’importe comment leur religion sans tenir compte des autres droits, en particulier celui de la dignité humaine ou de la liberté de conscience.
En Grande Bretagne, des choses invraisemblables ont eu lieu. Des intégristes musulmans ont pu construire des écoles et les gérer comme ils l’entendaient sans contrôle sous prétexte de la liberté d’enseignement et de la liberté religieuse. On a appris par la suite que le conditionnement des élèves et le respect de leur dignité était plus que douteux. Des terroristes ont pu se regrouper et fomenter des attentats dans le « londonistan », sous prétexte de la libre circulation des personnes. Les résultats se voient avec les récents attentats de Londres.
Les événements terroristes de ces dernières années ont finalement montré que la liberté n’a pas cessée de reculer ! C’est donc bien que la notion de liberté comprise comme licence est insuffisante pour sauvegarder la Liberté.
Nous avons mis en lumière des différences importantes entre les principales éthiques auxquelles les courants libéraux se reportent. Le concept de liberté, fondement du libéralisme, s’en trouve influencé.
Nous avons présenté ces influences sous la forme de trois niveaux de liberté. Mais les fondements philosophiques nous ramènent à un débat beaucoup plus profond et beaucoup plus grave, car il renvoie à des conceptions radicalement différentes. Ce débat est en réalité une controverse entre deux moines. Elle a abouti à une crise, toujours non résolue, de la pensée occidentale depuis le Moyen-Age. Les lumières ne l’ont pas surmontée. C’est une révolution philosophique qui a littéralement atomisé notre vision du monde.
Notre premier moine, Thomas d’Aquin, développe une vision de la liberté pour l’excellence. Elle correspond au troisième degré de liberté que nous avons évoqué.
La liberté est un moyen de parvenir à l’excellence grâce à l’intelligence et à la volonté en suivant son penchant pour la vérité, la bonté, le bonheur, inhérents à la nature humaine.
La liberté est donc la capacité de choisir ou de ne pas choisir sagement ce qui peut concourir à notre bonheur, au bien commun et de bien se comporter. La liberté apparaît donc comme le grand principe organisateur de la vie morale.
Dans ce cadre, la liberté est d’acquisition graduelle : on acquiert progressivement la capacité à choisir le bien et à faire ce que l’on choisit dans la perfection et l’excellence. Pour cela, les 4 vertus cardinales sont d’un appui capital. Rappelons qu’il s’agit de : la prudence, la justice, le courage, la tempérance. L’habitude d’une vie dans la sagesse et l’éducation sont nécessaires à leurs progressions. L’éducation peut entre autre s’appuyer sur l’imitation d’autres personnes vivant dans la sagesse.
La liberté n’est donc pas chose facile à acquérir, elle demande du temps et de la volonté. Elle est comparable à l’apprentissage d’un instrument de musique : tout le monde peut au début taper sur un piano pour faire du bruit mais progressivement par un apprentissage et un exercice régulier on arrive à produire de la musique puis à jouer ce que l’on aime ou à créer. Ainsi, l’homme en atteignant une grande maîtrise de la liberté, s’ouvre des horizons de bonheur infini.
Pour Thomas d’Aquin, la liberté et la loi ne sont ni contraires, ni contradictoires : la loi peut nous former à la liberté. Elle n’est pas une contrainte extérieure. Nous avons vu que la loi est une branche de la morale. Et celle-ci est intrinsèque à la nature humaine. La loi est donc inscrite dans l’Homme. Elle est la traduction explicite de certaines normes utiles et nécessaires à la vie en société. Elle est une œuvre de sagesse, car une bonne loi permet de nous guider pour réaliser les biens humains en fonction de ce que nous sommes et nous sommes censés être en tant qu’homme. A contrario, une mauvaise loi s’oppose à notre liberté, dans le sens ou elle nous oblige à suivre une voie contraire à l’éthique.
La liberté selon Thomas d’Aquin nous a permis de développer nos penchants les plus nobles. Elle nous a conduit aux sociétés démocratiques et pluralistes, au respect des autres.
Elle doit nous conduire à des sociétés où le droit de tous est protégé à la fois par la loi et les engagements moraux.
Notre second moine, Guillaume d’Ockham, est né 12 ans après la mort de Thomas d’Aquin. Il est le principal représentant du nominalisme, puissant mouvement philosophique du Moyen Age. Il considère que les concepts universaux n’existent que dans notre esprit et non dans la réalité. Par exemple, « la nature humaine » n’existe pas. Celle-ci n’est que la description ou le nom (d’où le terme nominalisme) que nous donnons aux traits de caractère communs et répandus dans la nature humaine. Les seules choses qui existent sont les détails.
Le nominalisme a eu, et a toujours une immense influence sur les idées politiques. Il a en tout cas changé radicalement la vision du monde.
Si la nature humaine n’existe pas, alors il n’y a pas non plus de principes moraux universels qui puissent être tirés de la nature humaine. La morale ne peut donc être que loi et obligation. Et elle ne peut être qu’en dehors de moi, à contrario des idées défendues par Thomas d’Aquin.
La loi n’est donc qu’une contrainte extérieure qu’elle soit humaine ou divine.
L’œuvre d’Ockham est considérée comme la première révolution de l’ère moderne. Ockham, en modifiant notre idée du monde, a créé du même coup une nouvelle idée de la personne et de la société.
En effet, en devenant extérieure à l’homme, la morale perd tout son sens et sa fonction. Et le nominalisme affirme qu’elle n’existe pas, elle n’est qu’une invention du législateur !
En mettant la morale en dehors de l’être humain, Ockham a persuadé beaucoup de libéraux que l’éthique n’a rien à voir avec la liberté puisqu’elle en a été écartée. Or, nous avons vu que tout acte est porteur d’un contenu moral. Ce que je décide est nécessairement précédé d’un jugement moral qui fait appel à ma raison et guide ma volonté. Et si je refuse de faire un choix raisonné en me guidant sur ma seule volonté, ma liberté n’est qu’une force aveugle, dangereuse aussi bien pour moi que pour ceux que ce choix peut atteindre.
Si la loi est extérieure à l’homme, alors elle n’a plus de raison d’être. C’est la porte ouverte au chaos. Les subjectivistes d’aujourd’hui l’ont bien compris. Pour pouvoir appliquer les idées subjectivistes, sans provoquer la dislocation des sociétés organisées, il faut nécessairement faire une concession. Ils tolèrent la loi du « dommage minimum à autrui » pour maintenir un ordre minimal.
Sans l’éthique, la liberté devient liberté d’indifférence, c’est à dire une faculté neutre du choix. La voie à une volonté toute puissante est ouverte.
Dieu étant suprêmement obstiné, la vie morale pour Ockham, est un duel de volonté entre celle de l’homme et l’imposition de celle de Dieu. La volonté devient finalement l’attribut qui définit l’homme voire l’attribut qui définit toute réalité. Cela a des conséquences profondes sur « le monde réel ». Le volontarisme coupe dramatiquement les hommes les uns des autres.
En effet, s’il n’existe que des biens particuliers, individuels pour les hommes et les femmes qui agissent dans le sens de leur volonté personnelle, alors il n’y a pas de « bien commun ». La vie en société devient extrêmement difficile et douloureuse.
Le rejet de la loi et de la morale pose un véritable problème de société. Aussi plus tard, Kant, conscient de la nécessité d’une éthique, a tenté sans succès de la remettre à sa juste place.
En effet, il n’a pas renoncé à la liberté ockhamienne pour une morale intrinsèque à l’homme. Il a simplement proposé un système moral basé sur un impératif catégorique qui pourrait être connu par la raison et qui serait capable de redonner une forme d’objectivité à la morale. Mais celle-ci reste toujours extérieure à l’homme et Kant ne lui donne pas de sens, ce qui rend sa théorie fragile. Comment un système moral peut-il être crédible, s’il reste imposé car extérieur à l’homme ? Et pourquoi appliquer la morale ? Dans quel but ?
Néanmoins, Kant a réaffirmé l’existence de normes hiérarchisées et universelles ce qui le rend plus proche d’une éthique humaniste que les disciples d’Ockham.
Plus tard, lorsque les références d’origine divines sont évacuées, d’autres philosophes tout en restant fidèles à Ockham ont voulu redonner un sens moral à la liberté-volonté. Ce sont les utilitaristes qui voient la liberté comme un instrument : la liberté est utile, car elle permet d’apporter le progrès au plus grand nombre. Mais nous avons vu que cette éthique reste relativiste car on ne sait pas dans quel sens doit aller le progrès et ce qui peut être considéré comme moral dans les circonstances actuelles, le sera-t-il demain ?
Aujourd’hui, beaucoup de libéraux ont suivi le chemin tracé par Guillaume d’Ockham. La liberté est perçue comme une liberté négative, sans contraintes extérieures.
Beaucoup soutiennent également que l’Etat de droit est nécessaire pour le bien de tous et la protection de la liberté. Or dans l’esprit d’Ockham, il s’agit d’une situation paradoxale, puisque la loi s’oppose à la liberté. Dans ces conditions, l’Etat ne peut que violer la liberté.
Pour surmonter ce paradoxe, des libéraux concèdent que « la liberté doit être un peu brimée » par l’Etat de droit. Certains sociobiologistes le justifient en disant « qu’il vaut mieux un état de droit qu’un retour à «l’Etat de nature » ou encore « l’évolution de la société a rendu nécessaire l’état de droit, donc la liberté doit, bon gré mal gré, être brimée ». Cette concession peut être motivée par des idées utilitaristes : « il vaut mieux un état de droit, car c’est la situation la plus profitable pour le plus grand nombre ». Cette thèse peut être défendue par les subjectivistes que si la liberté individuelle est le moins possible attaquée par l’Etat. On pourrait multiplier les arguments à l’infini.
Cette contradiction apparente génère incohérences et fragilise dangereusement la défense de la liberté. En réalité, nous l’avons vu plus haut, cette contradiction n’existe pas. La loi ne s’oppose pas à la liberté, elle la forge.
L’Etat de droit est d’autant plus nécessaire et indispensable pour l’exercice de la liberté, qu’une société organisée devient de plus en plus complexe. La multiplication des échanges transforme le monde en un vaste réseau où un droit universel et compréhensible est vital.
A travers ce retour aux idées fondatrices de la liberté, deux conceptions philosophiques vivaces s’opposent, celle de la liberté pour l’excellence et celle de la liberté-volonté.
Pour Ockham et ses disciples, la liberté n’a plus de caractère spirituel. La liberté est l’homme autonome et non vertueux, puisque la liberté n’a rien à voir avec la bonté, le bonheur. La liberté n’est que l’expression résolue de la volonté. Elle peut s’attacher à n’importe quoi aussi longtemps qu’elle ne se heurte pas à une volonté supérieure (humaine ou divine).
L’univers ockhamien a emprisonné la liberté dans une vision du monde étroite et négative, détachée de la nature humaine avec des conséquences parfois effroyables. L’émergence de ce que l’on appelle aujourd’hui le « projet d’autonomie »a conduit Nietzche à l’idée que les êtres humains sont radicalement autonomes, des « moi je » autocréateurs pour lesquels les relations avec les autres sont des rapports de puissance. Nous en avons vu concrètement les effets avec la première guerre mondiale, puis le IIIème Reich.
Parallèlement, la philosophie héritière de Thomas d’Aquin a pris un essor prodigieux, mais elle reste difficilement compréhensible et accessible dans un monde où prédomine la vision d’ Ockham. Sortir de ce piège demande de rééxaminer Thomas d’Aquin (et même Aristote !) et redécouvrir la philosophie morale sans laquelle on ne peut pas comprendre et développer un libéralisme authentiquement humaniste.
Au regard de ce retour au Moyen Age, on peut désormais dire qu’il n’y a pas un libéralisme mais des libéralismes reposant sur des bases philosophiques radicalement différentes.
La vertu de JUSTICE = respect de l'équité envers tous et en tout domaine.
La vertu de PRUDENCE = direction d’une action vers son but légitime et recherche des moyens convenables et les mieux appropriés à une action efficace conforme au bien.
La vertu de TEMPÉRANCE = maîtrise de soi dans les initiatives et activités, afin de proportionner les désirs aux biens supérieurs.Comment parler de libéralisme sans parler de la liberté qui lui a donné la racine de son nom ?
La liberté est un des fondements de la philosophie libérale et un des moteurs de sa vivacité car, la liberté est ancrée dans le cœur de l’homme. Celui-ci aspire à la liberté. Mais tous n’ont pas la même vision de la liberté. Certains la recherchent pour elle même, d’autres y voit une utilité pour le progrès humain enfin certains la voit comme le chemin qui mène à la vérité et au bien véritable, à l’accomplissement personnel. C’est une classification pertinente que le Professeur Nemo a proposé pour différencier les conceptions de la liberté. Elle met en évidence des conceptions étagées de la liberté. En effet, en partant d’une conception étroite, on aboutit à une conception très large de la liberté.
C’est en suivant ce fil conducteur que nous allons montrer que ces façons de voir la liberté sont très différentes.
C’est celle défendue par les libéraux subjectivistes. La liberté est la référence suprême. Elle se résume à l’axiome « est licite ce que l’on accepte ou voulons librement ».
Cette définition exprime une demi-liberté pour plusieurs raisons.
- c’est une liberté pour ceux qui ont la capacité de l’exprimer ou de la faire valoir. Elle exclut de fait les autres hommes : les mourants, les embryons, les handicapés, ceux qui sont dans le coma, etc… Ceux-ci n’ont donc pas de liberté et peuvent être éliminés faute d’autonomie morale. En réduisant la personne à sa capacité d’autodécision et de choix, la concession de personne humaine n’apparaît que comme une concession sociologique. Or la personne humaine a un aspect certes subjectif, mais également objectif ontologique primordial : la personne a une valeur pour ce qu’elle est et non uniquement pour les choix qu’elle pose.
Le libéralisme subjectiviste glisse finalement vers la légitimation de la violence et la loi du plus fort.
- c’est une liberté restreinte, qui se vit d’abord par un refus des limites et contraintes extérieures et non dans un choix positif. C’est à dire une liberté sans responsabilité. La liberté a pourtant un contenu : c’est toujours un acte qui aspire à quelque chose ou touche quelqu’un. La liberté porte nécessairement la responsabilité de ce contenu.
Si la liberté nie la responsabilité du choix, elle se réduit à une force aveugle qui finit par la détruire elle-même.
De plus elle ne devient complète que si elle se « libère » également des conditionnements intérieurs. Il y a peu de chances pour qu’une personne non libérée de son égoïsme intérieur soit un authentique bâtisseur de liberté.
- Il existe une sorte de nihilisme dans cette vision de liberté valeur suprême : « rien n’existe avant la liberté et dans la liberté ». Or, tout acte libre suppose l’existence de la personne humaine qui le pose. La vie vient avant la liberté. Je suis libre parce que je suis vivant. La liberté suppose l’être et l’existence pour un projet de vie. La vie est la condition indispensable à l’exercice de la liberté. Si la liberté se retourne contre la vie, alors elle se détruit elle même et assèche sa source.
La liberté est perçue comme un moyen de procurer une satisfaction optimale au plus grand nombre. La liberté est bonne parce qu'elle favorise le progrès. Mais, c'est une vision réductionniste de l'homme, car dans quel sens doit aller le progrès ? L'optimum de plaisir, de production ou de consommation ne permet pas d'y répondre. De plus le maximum de plaisir pour le plus grand nombre peut sous-entendre l’esclavage de certains pour y parvenir.
La liberté n'est pas voulue pour elle-même ni pour le progrès, mais parce qu'on attend de ces deux éléments qu'ils contribuent à une fin supérieure : celle d'agir en vérité.
On ne connaît pas d'autres moyens que la liberté pour obtenir le progrès en vue d'accéder à la vérité.
La liberté repose sur le libre arbitre, c'est à dire la faculté de choisir. La volonté exerce ce choix. Cependant, nous l'avons vu, toute volonté est éclairée par un jugement éthique sur le bien désiré et sur la préférence que nous devons accorder à l'un d’eux sur les autres. La liberté réside donc dans la volonté obéissant à la raison. La liberté a donc pour objet un bien conforme à l'éthique. La liberté, c'est finalement choisir le bien. C'est cela agir en vérité.
Choisir le bien procure l’épanouissement de soi et des autres.
Néanmoins, il arrive que notre intelligence propose à notre volonté un bien qui au lieu d'être véritablement bon ne l’est qu’en apparence. Notre jugement peut aussi être mal éclairé. Aussi, lorsque nous faisons un mauvais choix, nous ne sommes plus libres, car nous agissons contre la raison. C'est comme si nous devenions ensuite « esclave » de ce mauvais choix Comment parler de libéralisme sans parler de la liberté qui lui a donné la racine de son nom ?
La liberté est un des fondements de la philosophie libérale et un des moteurs de sa vivacité car, la liberté est ancrée dans le cœur de l’homme. Celui-ci aspire à la liberté. Mais tous n’ont pas la même vision de la liberté. Certains la recherchent pour elle même, d’autres y voit une utilité pour le progrès humain enfin certains la voit comme le chemin qui mène à la vérité et au bien véritable, à l’accomplissement personnel. C’est une classification pertinente que le Professeur Nemo a proposé pour différencier les conceptions de la liberté. Elle met en évidence des conceptions étagées de la liberté. En effet, en partant d’une conception étroite, on aboutit à une conception très large de la liberté.
C’est en suivant ce fil conducteur que nous allons montrer que ces façons de voir la liberté sont très différentes.
C’est celle défendue par les libéraux subjectivistes. La liberté est la référence suprême. Elle se résume à l’axiome « est licite ce que l’on accepte ou voulons librement ».
Cette définition exprime une demi-liberté pour plusieurs raisons.
- c’est une liberté pour ceux qui ont la capacité de l’exprimer ou de la faire valoir. Elle exclut de fait les autres hommes : les mourants, les embryons, les handicapés, ceux qui sont dans le coma, etc… Ceux-ci n’ont donc pas de liberté et peuvent être éliminés faute d’autonomie morale. En réduisant la personne à sa capacité d’autodécision et de choix, la concession de personne humaine n’apparaît que comme une concession sociologique. Or la personne humaine a un aspect certes subjectif, mais également objectif ontologique primordial : la personne a une valeur pour ce qu’elle est et non uniquement pour les choix qu’elle pose.
Le libéralisme subjectiviste glisse finalement vers la légitimation de la violence et la loi du plus fort.
- c’est une liberté restreinte, qui se vit d’abord par un refus des limites et contraintes extérieures et non dans un choix positif. C’est à dire une liberté sans responsabilité. La liberté a pourtant un contenu : c’est toujours un acte qui aspire à quelque chose ou touche quelqu’un. La liberté porte nécessairement la responsabilité de ce contenu.
Si la liberté nie la responsabilité du choix, elle se réduit à une force aveugle qui finit par la détruire elle-même.
De plus elle ne devient complète que si elle se « libère » également des conditionnements intérieurs. Il y a peu de chances pour qu’une personne non libérée de son égoïsme intérieur soit un authentique bâtisseur de liberté.
- Il existe une sorte de nihilisme dans cette vision de liberté valeur suprême : « rien n’existe avant la liberté et dans la liberté ». Or, tout acte libre suppose l’existence de la personne humaine qui le pose. La vie vient avant la liberté. Je suis libre parce que je suis vivant. La liberté suppose l’être et l’existence pour un projet de vie. La vie est la condition indispensable à l’exercice de la liberté. Si la liberté se retourne contre la vie, alors elle se détruit elle même et assèche sa source.
La liberté est perçue comme un moyen de procurer une satisfaction optimale au plus grand nombre. La liberté est bonne parce qu'elle favorise le progrès. Mais, c'est une vision réductionniste de l'homme, car dans quel sens doit aller le progrès ? L'optimum de plaisir, de production ou de consommation ne permet pas d'y répondre. De plus le maximum de plaisir pour le plus grand nombre peut sous-entendre l’esclavage de certains pour y parvenir.
La liberté n'est pas voulue pour elle-même ni pour le progrès, mais parce qu'on attend de ces deux éléments qu'ils contribuent à une fin supérieure : celle d'agir en vérité.
On ne connaît pas d'autres moyens que la liberté pour obtenir le progrès en vue d'accéder à la vérité.
La liberté repose sur le libre arbitre, c'est à dire la faculté de choisir. La volonté exerce ce choix. Cependant, nous l'avons vu, toute volonté est éclairée par un jugement éthique sur le bien désiré et sur la préférence que nous devons accorder à l'un d’eux sur les autres. La liberté réside donc dans la volonté obéissant à la raison. La liberté a donc pour objet un bien conforme à l'éthique. La liberté, c'est finalement choisir le bien. C'est cela agir en vérité.
Choisir le bien procure l’épanouissement de soi et des autres.
Néanmoins, il arrive que notre intelligence propose à notre volonté un bien qui au lieu d'être véritablement bon ne l’est qu’en apparence. Notre jugement peut aussi être mal éclairé. Aussi, lorsque nous faisons un mauvais choix, nous ne sommes plus libres, car nous agissons contre la raison. C'est comme si nous devenions ensuite « esclave » de ce mauvais chois.
Dans l'antiquité, on disait que "nul n'est libre que le sage". Rappelons que le sage était celui qui s'était astreint à vivre conformément à la nature, c'est à dire dans l'honnêteté et la vertu.
Etre libre est donc une exigence d'abord vis-à-vis de soi et vis-à-vis des autres.
La sagesse nous recommande aussi de vivre en harmonie les uns avec les autres. Cela commence par s’aimer soi-même puis aimer les autres : c'est l'exercice de la charité.
Celle-ci ne nous commande pas seulement de nous pencher sur l'affamé ou le pauvre, mais de nous intéresser à tous les aspects de la société permettant d'améliorer le monde et de lutter contre le mal.
Si nous voulons que le bien triomphe dans le monde, alors il nous faut souhaiter la liberté, pour que le progrès soit possible, et permettre ainsi d'atteindre la vérité..
Dans l'antiquité, on disait que "nul n'est libre que le sage". Rappelons que le sage était celui qui s'était astreint à vivre conformément à la nature, c'est à dire dans l'honnêteté et la vertu.
Etre libre est donc une exigence d'abord vis-à-vis de soi et vis-à-vis des autres.
La sagesse nous recommande aussi de vivre en harmonie les uns avec les autres. Cela commence par s’aimer soi-même puis aimer les autres : c'est l'exercice de la charité.
Celle-ci ne nous commande pas seulement de nous pencher sur l'affamé ou le pauvre, mais de nous intéresser à tous les aspects de la société permettant d'améliorer le monde et de lutter contre le mal.
Si nous voulons que le bien triomphe dans le monde, alors il nous faut souhaiter la liberté, pour que le progrès soit possible, et permettre ainsi d'atteindre la vérité.