LE CONSERVATEUR             Blog du  dissident politique  David  Valancogne

 
Lundi 11 juin 2007

Depuis le début des années 80, le socialisme politique n’a cessé de reculer : échecs politiques et électoraux retentissants aux USA et en Grande Bretagne, catastrophe économique en 1983 en France. La chute de l’URSS a sapé les bases idéologiques de ce courant, mais l’influence du marxisme perdure en France. Néanmoins, l’échec de Ségolène Royal marque probablement l’effondrement définitif du parti qui incarne le socialisme, après une agonie qui aura duré plus d’une vingtaine d’années.
Mais la disparition du socialisme marque-t-elle pour autant le triomphe de son frère ennemi : le libéralisme ? « Des signes du temps » et un rapide survol des idées défendues par le libéralisme permettent de répondre dès aujourd’hui à cette question. 

Il faut rappeler que socialisme et libéralisme sont deux courants individualistes nés de la pensée moderne. Celle-ci a brutalement modifié notre conception du monde au XIIIème siècle.
L’évolution de la pensée politique moderne de Thomas Hobbes à John Locke, en passant par Rousseau, pour ne citer que les principaux, a conduit

-         d’une part, au socialisme défendant les individus et leurs libertés par l’intermédiaire de l’état, seul organisme capable d’apporter des garanties.

-         d’autre part, au libéralisme qui prend la position inverse : les individus sont seuls capables de défendre leurs libertés.

Aussi, si l’Etat est considéré comme un bienfaiteur pour les socialistes, il est souvent perçu comme un ennemi par les libéraux.
Dans ce contexte, l’individualisme de la pensée moderne a entraîné une disparition des corps intermédiaires (parlements régionaux, pouvoirs communaux, basse justice, etc…) laissant l’individu seul face à l’Etat, exacerbant l’opposition et la construction des deux camps socialistes et libéraux. 

Sur l’échiquier politique français, il n’y a pas de camp libéral. Les partis politiques sont répartis du néomarxisme à la social-démocratie modérée, teintée de quelques idées libérales. En Europe, il existe des partis libéraux qui n’ont jamais été que des auxiliaires pour permettre à d’autres partis de gouverner. Aux USA, ce sont les conservateurs et non les libéraux qui ont pris le pouvoir, même s’ils ont été influencés par le renouveau libéral. En effet, les conceptions religieuses, éthiques ou diplomatiques tranchent franchement avec ce que l’on pourrait qualifier de « politique libérale ».
Cet échec politique des libéraux s’explique pour une grande part par les idées défendues. Leur méfiance du pouvoir les éloignent de l’Etat et des corps intermédiaires et génère incompréhension des hommes politiques, dont on ne peut concevoir l’action qu’à travers des organismes chargés du bien commun. Leur individualisme exacerbé les divisent en chapelles rendant toute union impossible. 

Que nous disent les signes du temps ?
Tout comme les socialistes, les libéraux sont incapables d’expliquer la genèse de la société, car ils ignorent la notion de bien commun. La société est artificielle, fruit de la volonté humaine. S’il doit y avoir un ordre appelé société, il ne peut être qu’imposé par la volonté.
Cette position est à mon avis intenable, et explique que le libéralisme soit écarté par des courants conservateurs ancrés dans le bien commun.
Pas plus que le socialisme, le libéralisme n’est capable de donner un sens à la vie. La pensée moderne a opéré un effacement total d’un monde finalisé créant un vide de sens, propice au désespoir, au suicide.
L’individualisme conduit actuellement à une désagrégation de nos sociétés contemporaines ou les hommes sont de plus en plus isolés, incapables de s’entraider et de comprendre pourquoi ils vivent en société. Ils ont perdu une part de la connaissance de leur nature humaine : leur inclination à la vie sociale, au bonheur, au mariage, etc…
De cet individualisme germe le relativisme éthique, le pire des maux de notre temps. L’éthique est le talon d’Achille des libéraux. Ils considèrent la morale comme faisant partie du domaine privé, ouvrant la porte au relativisme. Des libéraux ont compris que cette attitude met en danger l’avenir de la doctrine libérale. Certains tentent une approche du couple liberté-responsabilité. Pour eux la morale consiste à exercer une liberté responsable, ce qui est bien insuffisant. Si assumer ses choix est un élément indispensable de notre code moral, il n’est pas suffisant pour affirmer le caractère moral lui même. La vraie question est « ce que j’ai l’intention de faire est il bon et raisonnable ? » Si je fais un choix dont j’assume les conséquences, cela ne suffit pas à conclure que ce choix est nécessairement bon. Les libéraux n’ont pas compris que tout acte est porteur d’un contenu éthique. L’homme en agissant émet nécessairement un jugement éthique qui précède toutes ses actions. On ne peut prétendre repousser la morale dans la sphère privée, car toute action à une influence sur nos proches et sur la société dans son ensemble. Aussi, dans les faits, les libéraux se partagent en trois courants éthiques principaux : subjectivisme, utilitarisme et sociobiologisme, qui sont tous relativistes.

Or, aujourd’hui, nous assistons à un retour progressif d’une morale objective, naturelle après la catastrophe soixante-huitarde. Le relativisme va refluer.
Dans ce contexte, le libéralisme ne peut prétendre à une domination à moins qu’il ne réexamine le bien commun, la finalité du monde, une éthique objective universelle. Mais pourra-t-il être encore être qualifié de « libéralisme » ? Si cette évolution n'est pas possible, le libéralisme disparaîtra tôt ou tard comme le socialisme et d'autres courants prendront sa place.


par David Valancogne publié dans : Politique
Lundi 14 mai 2007

Plusieurs appels de personnalités catholiques ont incité, à mots couverts, à voter blanc. Cet appel a été entendu, si l’on tient compte de l’évolution de l’abstention et du vote blanc depuis les élections présidentielles de 1965.
En effet, ceux-ci n’ont cessé d’augmenter. De 1965 le vote blanc ou nul a progressé de 248 423 voix à 1 769 904 et l’abstention de 4 410 441 voix à 8 359 440 en 2002. Ces deux évolutions montrent surtout la désaffection des français vis à vis de leurs hommes politiques pour leur aptitude à œuvrer pour le bien commun du pays.

Or en 2007, nous devions nous attendre à un effondrement du vote blanc ou nul ainsi que de l’abstention, devant les immenses espoirs qu’a su orchestrés l’équipe de Nicolas Sarkozy.

Mais les votes blancs, nuls et l’abstention n’ont pas reflués. Ils sont restés stables ! Soit 1 569 450 pour le vote blanc ou nul et 7 128 894 pour l’abstention.

Cela tient en partie au vote catholique. Un certain nombre de chrétiens ont tenu compte du contenu du programme et des déclarations des candidats, sachant qu’aucun des sélectionnés du second tour ne respectait les points fondamentaux défendus par l’Eglise. Le retour de la morale républicaine vantée par Nicolas Sarkozy, suivi à la traîne de Ségolène Royal ne semble pas avoir convaincu tout le monde. Qui sont ces candidats qui appellent à la moralité publique ? Des quinquagénaires aux vies dissolues. L’un étant marié en apparance et l’autre vivant « officiellement » en concubinage avec le secrétaire national du Parti Socialiste.

Leur programme est aussi un appel à la poursuite de la culture de mort.

On ne peut pas chiffrer le nombre de catholiques qui ont choisi l’option du vote blanc. Mais, il est certain que les catholiques ont apporté leur contribution au maintien du vote blanc, nul ou à l’abstention. Enfin il faut souligner qu’au second tour, la répartition se fait entre ceux qui on voté blanc et ceux qui ne se sont pas déplacés, pensant de toute façon voter blanc.

Autrement dit, le désir de vote blanc se situe entre 1 569 450 et 7 128 894 votants, (tous n’étant pas catholiques et désirant voter blanc).

Ces résultats nourrissent beaucoup d’espoir :
- D’une part, cela montre qu’un processus de maturation des catholiques est en route. Ce processus est confirmé par le fait que nous n’avons jamais vu autant d’appels à réfléchir sur les candidats et leurs programmes, et que les lobbies et mouvements catholiques montent en puissance.
- D’autre part cela prouve que les catholiques sont capables de s’unir et de peser dans les décisions futures pour le bien de tous.

Le vote catholique a pesé et il pèsera bientôt davantage si nous sachons profiter du vent en poupe !

par David Valancogne publié dans : Politique
Vendredi 4 mai 2007

Le premier tour des élections présidentielles a été décevant : les candidats favorables au respect de la vie et à la protection de la cellule familiale ont fait un mauvais score. Malheureusement, pour le second tour, ni Nicolas Sarkozy, ni Ségolène Royal ne sont porteurs de ces idées fondamentales. Lors du débat télévisé les opposant, ces sujets n’ont même pas été évoqués. La vie et la famille sont prioritaires sur toute autre idée pour la réalisation du bien commun. A quoi cela sert-il de disserter sur l’économie, les retraites si l'on ne respecte pas la vie et la famille ? Comment peut-on défendre un projet de société si l'on cherche à détruire les membres qui la composent ? C’est un non sens.

On ne peut pas prétendre améliorer la société en éliminant l’être humain qui la fait exister. On ne peut pas prétendre à l’harmonie d’une société si l'on ne protège pas la famille. Toute atteinte contre elle est facteur de déstabilisation et de destruction de la société.

C'est pourquoi je voterai blanc au second tour, car je ne peux soutenir des candidats favorables à la "culture de mort" entraînant par là même au suicide.

par David Valancogne publié dans : Politique
Mardi 17 avril 2007

Monsieur Bayrou, alarmé par la pauvreté dans notre pays, propose la mise en place d’un RMA « Revenu maximum autorisé » au delà duquel les personnes concernées seraient taxées en ISF. Le produit de cet impôt serait redistribué aux pauvres. Nous constatons tous que la pauvreté gagne du terrain en France et que par conséquent les inégalités de revenus s’accroissent de plus en plus. Au delà du fait que les communistes n’auraient pas fait mieux et que si cette mesure était appliquée, elle entraînerait de graves conséquences économiques, elle remet au goût du jour le principe de conservation d’une certaine égalité des fortunes.

Aristote nous rappelle que la fin de toute société est la réalisation du bien commun. Mais pour que celui-ci se réalise, il faut des conditions de stabilité politique. Parmi, celles-ci, Aristote souligne le maintien d’une certaine égalité de fortune et des conditions . Mais, ce concept aristotélicien est à manier avec la plus grande précaution.

Nous observons régulièrement, qu’une trop grande inégalité est source de discorde. Par exemple, lorsqu’une partie de la population est propriétaire de la totalité des terres cultivable et l’autre ne possède rien, souffre de la faim et de la pauvreté. Nous avons alors, souvent affaire à des conflits incessants comme en Amérique du Sud ou en Afrique. Quand on se pose la question du comment de ces inégalités, on constate que dans la plupart des cas elles ne sont pas naturelles.

Ainsi, pour reprendre l’exemple des grands propriétaires terriens en Amérique du Sud , on s’aperçoit que ceux-ci s’étaient appropriés par la force ou par la ruse des terres de petits paysans sans défense pour constituer leurs grands domaines…
Comment est-il possible que l’égalité des conditions et des fortunes soit un but naturel ? Au XIXème siècle, l’économiste Frédéric Bastiat a fait une découverte extraordinaire. L’économie de marché libre, qui est un aussi un fait de nature, entraîne par le biais de la concurrence une égalité des conditions. En effet, lorsque apparaît un nouveau produit qui rend de grands services à l’humanité, il est au départ fort cher. Il commence par se diffuser dans les milieux les plus riches qui peuvent l’acquérir, ce qui stimule la production , la concurrence et le progrès technique. Ces deux éléments entraînent progressivement une baisse des prix qui permet à des êtres humains de plus en plus nombreux d’accéder à ce produit. On en arrive à terme à ce que ce produit soit quasi gratuit. Ainsi l’ensemble de l’humanité peut donc profiter de ce nouveau produit. On peut étendre ce raisonnement à des phénomènes économiques plus complexes. On retrouve en tout cas ce phénomène dans des domaines qui nous intéressent plus particulièrement : les salaires, le prix de la nourriture, l’habillement ou le logement. Dans les pays en forte croissance économique comme les pays émergents, on constate que les salaires progressent très vite et qu’en particulier les bas salaires progressent beaucoup plus vite que les hauts salaires ce qui tend vers une plus grande égalité des conditions. La pauvreté recule donc.

L’économie de marché libre participe au bien commun en permettant progressivement une répartition harmonieuse des ressources entre les membres d’une société. Mais ce but ne se réalise pas toujours, comme un arbre fruitier est empêché de produire.

Les philosophes classiques rappèlent le rôle important joué par l’homme comme auxiliaire des fins. L’homme n’est pas passif devant les phénomènes de la nature. Son rôle est d’aider la nature à atteindre ses buts en utilisant des moyens moralement appropriés, tout en respectant la nature des choses. Ainsi si un arbre fruitier doit correctement être cultivé pour l’aider à donner des fruits, l’homme doit aussi être un auxiliaire efficace dans la réalisation du bien commun. Dans le domaine de l’économie de marché, cela revient déjà à protéger les liberté économiques et limiter les interventions intempestives qui ont des conséquences désastreuses en conduisant au but inverse (pauvreté, inégalités aggravées). Mais pour que l’économie de marché se développe de manière harmonieuse, il faut également que des règles morales s’appliquent à tous (ne pas voler, ne pas tricher, etc…) et des règles de droit comme par exemple les modalités de la propriété privée et de sa transmission. Il faut enfin un organisme dépositaire du bien commun (l’état) pour les faire appliquer. On s’aperçoit aujourd’hui que dans les pays où ces règles sont mal ou peu appliquées, il n’y a pas de réel développement.

Le principe d’égalité des conditions n’est donc pas une construction artificielle mais un fait naturel vers lequel tend la société, pourvu que l’homme soit un auxiliaire efficace. Mais, comme l’avait observé Aristote, cette égalité ne peut se faire par des lois spoliatrices. Cette constatation prophétique se confirme encore aujourd’hui. Monsieur Bayrou propose des moyens inappropriés, inspirés de la dialectique marxiste qui mettront le bien commun en danger. Une bonne raison de plus d’écarter ce candidat.

par David Valancogne publié dans : Politique
Samedi 31 mars 2007

Les élections présidentielles promettent d'être encore plus affligeantes qu’en 2002.

 

Les sondages des renseignements généraux révèlent que les quatre principaux candidats Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen sont dans un mouchoir de poche et autour de 20 %, contrairement aux affirmations des instituts de sondage. Or, les RG se trompent rarement.
En 2002, ils avaient fait remarquer que Jean-Marie Le Pen était largement sous évalué…

Mis à part celui-ci, les 3 autres candidats sont tous franchement social-démocrates.

Quelque soit la configuration, Jean Marie Le Pen ne pourra pas être élu. Il n'a jamais réussi à rassembler suffisamment de français derrière lui, et ce n'est pas cette fois ci qu'il y parviendra. Il ne semble pas lui même convaincu de remporter l'élection présidentielle. Nous allons donc tirer un numéro parmi la bande des 3 qui va nous poursuivre une politique sociale-démocrate dont nous pâtissons depuis trente ans.

 

Ces 3 personnages n’ont pas non plus rompu avec le chiraquisme calamiteux de notre pays. Ils n'ont pas de convictions propres, ou tout au moins celles-ci suivent le mouvement de "l'opinion publique" : un jour blanc, un jour noir, de manière à coller à l'humeur du moment. Ils n'ont ni doctrine cohérente, ni vision à long terme. Leurs idées s'inspirent pour une large part du néomarxisme, dont est imprégné l’ensemble de la classe politique depuis 50 ans : Il faut délester les riches pour aider les pauvres et dynamiser notre économie. Le résultat est toujours le même, quelque soit le pays où on a appliqué ces thèses : généralisation de la pauvreté et marasme économique...

Malheureusement, les candidats méconnaissent toujours autant la science économique. Ils s'inspirent d'un keynésianisme depuis longtemps abandonné dans les pays anglo-saxons. Il n'est pas question de revenir sur l'Etat providence. Le futur président fera tout pour continuer d'empêcher l'application des lois abolissant le monopole de la sécurité sociale, alors que c'est certainement la réforme la plus formidable pour sortir notre pays du chômage. Le désendettement de la France n'est pas non plus à l'ordre du jour, car personne ne tient à opérer une cure de minceur de notre état obèse. On préfère maintenir les prélèvements obligatoires à un niveau élevé pour continuer à emprunter jusqu'au jour où les investisseurs cesseront d'avoir confiance en l'Etat français. Ce sera alors le scénario argentin.

Quand un homme politique aura-t-il le courage de s'attaquer aux syndicats qui tiennent la fonction publique ? Quand un candidat aura-t-il le courage de dire qu'il faudra à terme supprimer des millions de postes de fonctionnaires et qu'il faudra même supprimer le statut de la fonction publique pour mettre fin à l'endettement et à la crise économique ? Ce n'est qu'à ce prix et uniquement à celui-ci que notre pays sera sauvé du déclin.

 

Le domaine éthique est certainement le plus dramatique. Aucun candidat ne tient fermement à protéger la vie dès sa conception et ce jusqu'à la mort. Seuls Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villier se sont prononcés pour. La consommation de la pilule du lendemain connue pour ses propriétés abortives monte en flèche. La culture de mort s'installe dans notre pays, alors que l'on s'apprête déjà à faire marche arrière en Amérique du Sud et aux USA.

A quoi cela sert-il d'améliorer notre société si on supprime ceux qui la composent ? La politique n'a alors plus de sens.

 

Quant à l'Europe, aucun de la bande des 3 ne tient vraiment à prendre en compte le dernier référendum. Il n'est pas question de reposer à plat le choix entre fédéralisme ou confédération d'états. On ne pense qu'à recréer une union soviétique centralisée à la sauce européenne.

 

Enfin, la révolution bleue sur le modèle de la révolution orange ukrainienne est un échec. La faible mobilisation montre que l’électeur français n’est pas encore mûr pour remettre en cause la social-démocratie. Nous faudra-t-il encore la subir 5 ans ?

En attendant, notre pays plonge et va continuer de plonger. Il faudra malheureusement attendre une crise politique, un désastre social ou économique pour que les français bougent.
par David Valancogne publié dans : Politique
 

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