LE CONSERVATEUR             Blog du  dissident politique  David  Valancogne

 
Lundi 19 mars 2007
Le combat pour le respect des vies innocentes gagne du terrain même en Europe.
La ligue des familles polonaises qui dispose de 34 sièges au Parlement vient de déposer un projet d’amendement pour assurer « la protection légale de sa vie, dès sa conception ». 155 députés soutiennent ce projet. Le vote devrait avoir lieu d’ici deux mois. L’avortement est autorisé en Pologne depuis 1989 dans les cas de viol, inceste, danger pour la vie de la mère ou malformations irréversible du fœtus.
(Source : genethique.org)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
C’est le slogan lancé par l’ADV dans une pétition mise en ligne contre l’agrément de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. L’ADV réclame notamment « au ministre de la Santé de revenir sans attendre sur sa décision » et « aux directeurs d’hôpitaux de récuser les membres de l’ADMD qui revendiquent d’y représenter les usagers. »
(Source : ADV)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
Ne pouvant aller contre l’avis de son électorat, le gouvernement a opté pour l’instauration progressive et insidieuse d’un état de fait. En effet, Xavier Bertrand ministre de la santé a signé un arrêté donnant à l’Association pour le droit de mourir dans la dignité(ADMD) un agrément officiel lui permettant de siéger dans les conseils d’administration et les commissions d’usagers d’hôpitaux ! Il faut rappeler que l’ADMD est une des associations emblématiques pour la légalisation de l’euthanasie. La tactique de cette association soutenue par le gouvernement est la même que pour l’avortement. Faute d’obtenir dans un premier temps un cadre légal, on s’attache à promouvoir l’euthanasie dans la pratique. Et une fois que celle-ci sera bien instaurée, nous n’aurons pas d’autre choix que de légaliser l’euthanasie !
Un recours en annulation a été déposé devant le tribunal administratif de Paris par l'ADV (Alliance pour les droits de la vie).
(Source : ADV)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
Lors de sa conférence de presse du 13 octobre dernier, le prestigieux cardinal archevêque de Durban (Afrique du Sud) a exposé le terrible bilan de l'épidémie de SIDA dans son pays. Il y aurait plus de quatre millions et demi de personnes atteintes du sida et 1.000 personnes en mourraient chaque jour. Il a rappelé que le Botswana, pays voisin de l'Ouganda avait le taux d'infection le plus faible. Mais depuis que le gouvernement a fait la promotion du préservatif, le taux d'infection est devenu le plus élevé d'Afrique !
Il n'y a donc d'une part qu'une méthode vraiment efficace : l'abstinence et d'autre part les campagnes de lutte basé sur le préservatif peuvent être qualifiées de criminelles, car elles encouragent la propagation du virus.
(Source : ACIM)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
" Abstenez-vous ou mourrez ! " tel est le message lancé par l'Ouganda à la population pour lutter contre la progression du virus du SIDA. Depuis, le taux d'infection a régressé de 29% à 6%. Il faut noter que c'est le seul pays d'Afrique où l'infection a reflué. En effet, il est le seul pays à avoir axé sa campagne sur l'abstinence alors que tous les autres pays ont fait campagne sur l'utilisation du préservatif.
(source : ACIM)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Le référendum organisé sous la pression des mouvements pro-avortements a malheureusement abouti à ce que 56% des électeurs se prononcent contre la loi anti-avortement promulguée en mars dernier. Cette loi interdisait l’avortement sauf en cas de danger pour la vie de la mère et pouvait entraîner 5 ans d’emprisonnement pour les médecins pratiquant un avortement

Cet événement montre la délicate pratique des référendums d’initiative populaire. Bien qu’ils seraient bienvenue notamment en France, ils mériteraient des règles plus précises notamment concernant les droits fondamentaux. On verrait mal 56% de la population voter contre la propriété privée après un référendum organisé sous la pression de l’extrême gauche. Et pourtant les habitants du Dakota du sud ont voté pour l’assassinat d’innocents sans défense ! On touche ici les limites de la démocratie. Le RIP ne devrait pas pouvoir modifier des droits fondamentaux et un chiffre de pétitionnaire très élévé devrait être requis pour déclencher un référendum pour modifier le droit constitutionnel, voire changer une constitution.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
La commission bioéthique et vie humaine du diocèse de Fréjus-Toulon dénonce une « grande stratégie eugéniste mise en scène ». En effet, l’Association française contre les myopathies (AFM) organisatrice du téléthon a fait du lobbying auprès des pouvoirs publics pour obtenir la légalisation du diagnostic préimplantoire (DPI). Il faut rappeler que le DPI consiste à trier les embryons avant implantation pour détruire ceux qui sont atteints de maladie génétique.
Les organisateurs du Téléthon nous proposent donc pour éradiquer la maladie…de tuer les malades ! C’est de l’antimédecine et le comble de l’absurdité.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Face aux nouvelles revendications, comment justifier que le mariage ne peut concerner qu’un homme et une femme ? Et comment justifier le droit de vivre pour les enfants à naître, menacés d’avortement ?

Pour Aristote, cela aurait été d’une simplicité de le démontrer. Mais pour nous qui vivons à l’époque moderne nous avons perdu le lien justificatif entre mariage et différence sexuelle et le lien entre grossesse et naissance.

Il est devenu difficile de défendre une position traditionnelle faute de démonstration dans un monde rationnaliste. Or, pour les philosophes classiques (avant le XIIIème siècle) la justification est très claire.

 

Nous allons redécouvrir la problématique telle qu’elle est posée par les classiques.

Aristote explique la présence de tout objet dans l’univers par 4 causes.

La cause matérielle : de quoi est fait l’objet ?
La cause formelle : comment est il fait ?

La cause efficiente : par qui et par quoi a-t-il été produit ?

La cause finale : vers quoi tend-il ?

Il est important de noter que la cause finale est celle qui permet de rendre compte de l’essence, de la nature d’une chose. Elle permet d’en déduire l’intervention des 3 autres causes. Prenons l’exemple d’une chaise. Cet objet est fait pour s’asseoir (cause finale). Nous pouvons aisément en déduire les 3 autres causes. Il a été produit par l’homme dans un matériau et d’une forme adaptée au confort.

Aristote ajoute un point capital : « la nature d’une chose est sa fin » et « en outre…la fin d’une chose est son bien le meilleur ». Autrement dit la cause finale rend compte sur ce que doit être la chose.

Par exemple un abricotier a pour cause finale de grandir afin de donner des abricots. Telle est sa pleine réalisation. De l’être à réaliser sort le devoir être. De la même manière du devoir être sort l’être : l’abricotier ne sera pleinement abricotier que s’il donne des abricots. L’être en ce sens est un idéal et indique en même temps ce qui est normal. De l’idéal sort la norme. C’est donc en observant le fait naturel que nous pourrons déduire la norme.

Ainsi, l’homme est constitué d’une double composante matérielle et spirituelle. Il tend vers sa perfection physique (l’âge adulte) et morale (épanouissement de toutes ses facultés intellectives et volitives). La détermination de ce qu’est l’homme découle des indications sur ce qu’il doit être pour réaliser pleinement son humanité.

 
Revenons maintenant au mariage.

Le mariage en tant que fait naturel a pour cause finale de donner du fruit, c’est à dire des enfants et de lier des personnes de sexe opposés. En effet, le mariage est une inclination naturelle de l’homme qui est poussé à se reproduire et à s’épanouir avec une personne de sexe opposé. Le fait naturel  mariage ne peut établir comme norme que le lien entre deux personnes de sexe opposé. Le mariage ne peut être vraiment mariage que s’il concerne des personnes de sexe opposé. Il ne peut donc y avoir de mariage contracté de personnes de même sexe.

 
De la même manière concernant l’avortement.

Si une femme attend son enfant, son devenir naturel est de le mener à terme et d’accoucher. il est impensable pour un philosophe classique qu’il ne puisse en être autrement. Du fait naturel maternité sort la norme, d’un droit naturel à la vie pour un enfant à naître. La maternité n’est vraiment maternité que si elle est suit son cours naturel pour que la femme assume pleinement son humanité.

 

L’ordre naturel des choses ne peut être remis en cause. Si on tend à le faire disparaître de nos sens, il existe toujours caché, plus ou moins inconscient, pour revenir dans nos vies.

Même si une union officielle de même sexe baptisée « mariage » apparaît un jour par la seule volonté humaine, elle ne sera jamais considérée comme un « vrai mariage » dans l’inconscient collectif. Le fait naturel est là. L ‘union officielle de même sexe tendra même à décridibiliser le mariage civil et à dynamiser le mariage hors civil, c’est à dire le mariage religieux car celui-ci a bien le sens profond de la nature des choses. Il suffit de participer aux préparations aux mariages religieux pour s’en rendre compte.

L’avortement semble de plus en plus rendre de manière criarde mettre en valeur le fait naturel de mener à terme une grossesse. Il suffit d’interroger les équipes qui pratiquent l’avortement pour s’en rendre compte : c’est le dégoût qui domine. Ce sentiment est d’autant plus important que l’on se rapproche du terme. En effet, l’enfant à naître ressemble de plus en plus à l’enfant que l’on pourrait chérir dans ses bras. Le fait naturel est encore plus présent chez les femmes qui ont avorté. Les problèmes psychologiques engendrés par l’être enlevé sont nombreux. La femme ressent la souffrance dans son corps mais aussi dans son psychisme et dans son âme.

La nature se révolte : un vent de mécontentement semble se dessiner sur cette question. Les mouvements pour la vie se multiplient. Des états ont fait marche arrière où sont en train de le faire. Même si la volonté humaine ne l’approuve pas, le monde est ainsi fait. Un ordre naturel est établi. Il ne peut être détruit.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Les clichés donnent souvent au libéralisme une image de doctrine économique et c’est un tort. La plupart des gens considèrent que c’est son seul domaine d’existence. Or, le libéralisme est avant tout une philosophie réaliste.

Par ailleurs, beaucoup de tenants de la philosophie libérale affirment que l’éthique ne fait pas partie de son champ d’investigation. Tout au plus expriment-ils que l’éthique est une question de choix personnel.

En définissant le concept d’éthique, nous allons voir que la réalité est toute autre.

 

L’éthique est la science qui s’appuie sur le comportement humain en relation avec les valeurs, les principes et les normes morales. L’Ethique intervient donc dans tous les domaines de la société et également dans tous nos choix personnels. En effet, il est impossible de séparer l’acte libre du jugement éthique, car tout acte libre et conscient possède un contenu qui n’est jamais indifférent ou neutre objectivement. On agit forcément pour quelque chose, sur quelque chose, ou en direction de quelqu’un. A chaque fois que nous devons prendre une décision, notre choix est toujours précédé d’un jugement moral qui va guider notre volonté : « ce que je veux faire est-il conforme à ma conscience  ? ». De la même manière, les décisions politiques, économiques, etc.. font nécessairement appel à un jugement moral. L’éthique est donc une exigence qu’il n’est pas possible de supprimer de la vie humaine. Elle est présente dans tous les actes humains. Comment certains libéraux peuvent alors affirmer qu’il n’y a pas d’orientation éthique dans la philosophie libérale ?


Les individus comme les décisionnaires d’institutions ou d’entreprises peuvent avoir une conception différente de la morale qui les amènent à prendre des options répondant à une logique propre. C’est pourquoi il est nécessaire de clarifier le débat moral. Le libéralisme humaniste se distingue des autres formes de libéralisme par son attachement à une éthique humaniste. Nous allons voir que cette conception constitue un véritable fossé vis à vis des autres formes éthiques.

L’Ethique peut être divisé en quatre courants principaux.
 

D’abord, l’éthique sociobiologiste. Elle est basée sur l’évolution des espèces en général, ainsi que de l’Homme et de la société. Ses tenants en déduisent que la morale ne peut qu’elle même évoluer. Il ne peut donc y avoir de principes et de valeurs universels. Si nous avons des droits de l’homme, ils ne peuvent être que temporaires.

 

Ensuite l’éthique subjectiviste. Elle est certainement un des courants qui influence beaucoup le libéralisme.

Pour elle, la morale ne peut se baser sur des valeurs objectives ou transcendantes, mais seulement sur les choix autonomes du sujet. En fait, le choix est le fondement de l’agir moral. La seule limite est la liberté d’autrui. La liberté est le point de référence suprême mais aussi le but ultime.

Il existe une difficulté pour ce courant à poser une norme sociale en particulier pour ceux qui au nom du principe d’autonomie n’acceptent que l’auto-contrainte. Pour éviter de recourir à la fonction coercitive de l’état léviathan, ils proposent « le principe de tolérance » ou le critère « d’absence de dommage important » à autrui. Il s’agit en fait de renoncer au fondement rationnel de la morale. Nous verrons dans le chapitre consacré à la liberté, que le libéralisme subjectiviste en posant l’exercice de l’autonomie comme central, exclu du même coup certaines catégories d’individus comme les handicapés, les mourants, les embryons. Ceux-ci se retrouvent dépourvus de droit avec les terribles conséquences que cela peut supposer.

 

Un autre courant est le pragmato-utilitarisme. Il est né de l’impasse du subjectivisme. C’est une sorte de subjectivisme de la majorité. Tout comme lui, il est marqué par un refus de la métaphysique et de toute norme universelle. Il consiste en un calcul de conséquences de l’action en fonction du rapport coût/bénéfice. Ses principaux représentants que sont Bentham et Stuart Mill le résument comme la maximisation du plaisir, la minimisation de la douleur et l’accroissement de la sphère des libertés personnelles, pour le plus grand nombre de personnes. L’utilitarisme ne respecte pas tous les êtres humains, et paradoxalement, place au même niveau les animaux et les hommes, en raison de leur capacité à ressentir (plaisir/douleur).

 

Tous ces courants éthiques ont en commun de ne pas reposer sur une vérité objective de la personne. En tentant de fonder uniquement la morale sur la liberté, l’utilité ou le progrès de l’espèce, elles se retrouvent au dénominateur commun… du relativisme éthique !

 
L’éthique humaniste s’oppose à cela.

Elle s’appuie sur des normes et des valeurs objectives universelles et hiérarchisées. Ces valeurs reposent elles-mêmes sur la structure ontologique de l’homme en tant que personne.
Mais qu’est ce qu’une personne ?

Ce concept de personne a lentement émergé depuis Aristote mais a surtout été développé par Saint Thomas d’Aquin et les néo-thomistes. La personne est composée d’une âme spirituelle qui informe et donne vie à la réalité corporelle. Autrement dit, le corps et l’esprit sont unis et constituent la personne. On ne peut donc réduire l’être humain à son seul corps. A la mort, le corps sans âme cesse d’être une personne. Le corps est donc humain parce qu’il est animé d’une âme spirituelle. Les rites funéraires existant depuis la préhistoire illustrent le respect du corps qui a abrité l’âme. La personne a donc une valeur sacrée.

 

Le concept de personne a des conséquences morales importantes.

 

En effet, la personne, de par sa nature, a d’abord une valeur pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle fait. Elle a un caractère objectif et existentiel primordial, contrairement à la thèse soutenue par les subjectivistes. La personne ne se résume donc pas à sa capacité d’autodécision. L’homme reste homme, même s’il n’exerce plus, pour des raisons accidentelles, ou n’exerce pas encore, ou ne réussit plus à exercer ses facultés mentales.

On ne peut pas dire que le corps est la propriété de l’homme, car le corps est l’incarnation de la personne humaine : le corps est sujet. Il y a donc un fossé incommensurable entre « la chose » dont on peut être propriétaire et le corps humain.

La société a comme point de référence la personne humaine. La personne représente la fin et la source de la société.

 

Voyons maintenant comment la personne pose ses actes librement.

 
La personne « en acte »
Tout acte libre comporte une responsabilité.

Cette responsabilité implique d’évaluer les biens en question et l’exigence de devoir répondre face à sa conscience. Celle-ci représente le jugement de la raison, relative à l’idée du bien et du mal. Pour chacun de nos actes, nous recherchons la connaissance nécessaire et le discernement pour évaluer leur valeur morale. Plus ce jugement est vrai et complet dans l’évaluation et plus le jugement moral sera objectif et valable. En revanche, plus ce jugement sera obnubilé ou bouleversé ou même privé des renseignements nécessaires et plus le jugement moral sera fallacieux, erroné. L’obligation morale ne consiste donc pas seulement dans le fait « d’agir selon sa conscience » mais aussi dans le fait de se former une conscience vrai, juste et sûre. Un homme peut errer de bonne foi avec une conscience erronée.

Le jugement se confronte à des normes, des lois objectives hiérarchisées qu’il doit respecter et que l’on peut résumer sous le vocable de « loi morale naturelle ». L’homme trouve cette loi par sa raison naturelle, de sa propre façon d’être, et dans l’éducation. C’est une loi universelle, immuable. La loi naturelle peut se résumer par ce qui est conforme à la nature humaine. Cette réalité morale devient accessible à l’homme par la lumière de son intelligence.

La loi naturelle, très critiquée par de nombreux courants philosophiques, est pourtant un fait plutôt qu’une théorie. C’est simplement le constat que l’homme est par nature un être moral et que la raison humaine est en soi une raison pratique et morale.
Pour le chrétien la loi naturelle est aussi le reflet de la loi éternelle qui est l’ordre de la réalité telle qu’elle existe dans l’esprit du Créateur.

La loi naturelle pousse toute conscience à faire le bien et à éviter le mal. Elle se concrétise dans le respect de la personne.

 

La valeur éthique d’un acte s’apprécie sous l’angle subjectif de son caractère intentionnel, mais aussi selon son contenu objectif et ses conséquences. Mais l’attitude subjective doit s’adapter à la valeur objective.

Par exemple, un homme renverse un enfant avec sa voiture accidentellement. Le jugement éthique prend en compte le fait que cet accident n’était pas intentionnel (jugement subjectif), mais n’efface pas pour autant la faute, car il y a eu objectivement mort de l’enfant (valeur objective de l’acte), ce qui est moralement inacceptable. Il y a donc une obligation morale à adapter le jugement subjectif à la valeur objective de l’action et non l’inverse.

Les valeurs morales contenues dans la loi naturelle ne sont pas créées mais découvertes. Elles apportent la qualité et la perfection aux actions humaines, car elles sont conformes au bien ou à la dignité de la personne.

L’éthique humaniste considère la réalisation des valeurs, le projet de soi comme le devoir suprême de l’homme. (On parle d’éthique téléologique).

 
 
L’humanisme peut-il être athée ?
 

Avant la révélation, les hommes avaient l’impression d’être manipulés par les dieux avec parfois des conséquences mortelles. La révélation apporte un Dieu qui n’est ni tyran capricieux, ni prédateur, ni abstraction lointaine. Les hommes se sentent libérés et comprennent qu’ils peuvent infléchir le cours de l’histoire dans un sens humain. Mais, ce que les hommes bibliques ont perçu comme une grande libération, les humanistes athées l’ont compris comme un esclavage. La liberté humaine ne pouvait coexister avec le Créateur. La grandeur de l’homme exigeait de le rejeter. C’est une nouveauté spectaculaire, car il ne s’agit plus d’un athéisme sceptique mais d’un humanisme athée. Celui ci se dote d’une idéologie développée et d’un programme pour refaire le monde. Le communisme et le nazisme en sont les aboutissements les plus épouvantables. Un humanisme athée ne peut être qu’un humanisme inhumain.

A un moindre degré, si nous coupons les droits fondamentaux de leur origine judéo-chrétienne, ils finissent par dériver, comme c’est le cas aujourd’hui à travers « l’idéologie des droits de l’homme ». On finit d’ailleurs par être incapable de pouvoir justifier leur existence face à l’adversaire.

 

Cela ne veut pas dire que le lecteur est invité à se convertir à la foi chrétienne pour être un libéral humaniste. Il s’agit plutôt d’admettre et de tenir compte que l’humanisme est d’origine et d’inspiration chrétienne. Il s’agit de reconnaître également que la philosophie libérale et le mouvement des lumières d’une manière générale n’auraient probablement jamais existé sans le christianisme. Les exemples de la filiation du libéralisme au christianisme foisonnent : citons l’université de Salamanque, qui dès le Moyen Age a fait progresser la science économique, Saint Bernardin de Sienne qui écrivait sur la valeur de l’argent, le catholique Brentano qui avait pour élève Carl Menger, le fondateur de l’école autrichienne, Frédéric Bastiat, sans compter l’Encyclique « Centissimus Annum » de Jean-Paul II le Grand qui respire le libéralisme etc…

 

L’éthique humaniste prend sa source en l’homme dont la dignité doit être respectée. Elle fait appel à des normes objectives inscrites dans la nature humaine. Sa finalité est la vérité et le bien pour chacun d’entre nous.

 
 
Le libéralisme n’est donc pas neutre
L’éthique ne peut être une question de choix personnel comme l’affirme un certain nombre de libéraux. Le libéralisme hors du champ de l’éthique est une farce. La preuve est apportée par cette classification éthique, où nous pouvons ranger tous les courants libéraux  ! On reconnaît un certain nombre de grandes figures comme Stuart Mill ou Ludwig von Mises avec le courant utilitaro-pragmatique. On retrouve Hayek qui oscille entre utilitarisme et sociobiologisme ou encore Murray Rothbard dans la catégorie des subjectivistes.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Le drame de Vincent abondamment relayé par la presse, relance une nouvelle fois le débat sur l’euthanasie. Mais une enquête, menée par la Presse Médicale du 22 mars 2003  auprès de 1000 praticiens, montre des résultats surprenants.

Un médecin sur deux se déclare prêt à abréger l’agonie d’un malade. Cependant un autre élément ressort de l’enquête : les médecins ne sont pas capables de faire la différence entre euthanasie, suicide médicalement assisté, sédation active, et arrêt des traitements curatifs !

Si la plus grande confusion règne chez les professionnels de santé, il n’y a pas lieu de penser que le grand public soit mieux à même de faire la distinction ! Pourtant ces différentes possibilités font appel à des notions très précises :

 

L’euthanasie peut se définir par l’ administration de substances à la demande du patient avec une intention explicite de donner la mort. Il s’agit donc d’un homicide volontaire.

Sa variante, le suicide médicalement assisté, correspond à la prescription par le médecin de substances, pour que le malade se donne lui même la mort. C’est un homicide déguisé, participatif, puisque le médecin fournit des moyens techniques non connus par le malade pour réussir son suicide.

 

L’arrêt des traitements curatifs consiste à cesser d’administrer des substances qui ne permettent plus d’agir pour sauver un malade. Ces traitements sont interrompus car ils deviennent nuisibles pour le bien-être du malade (ex : des chimiothérapies agressives pour certaines maladies du sang).

Il ne faut pas les confondre avec des médicaments de confort qui peuvent continuer à être prescrits et sont aussi utilisés comme médicaments curatifs dans d’autres pathologies (ex : les corticoïdes).

Cette attitude peut être étendue aux cas des comas profonds. Ces personnes survivent grâce aux techniques réanimatrices. Il arrive parfois que des patients sortent du coma après une longue période, s’ils ne sont pas en mort cérébrale. En revanche si la mort cérébrale peut être affirmée médicalement, il ne peut y avoir de retour possible. Il est licite dans ce cas d’arrêter « les machines ». La décision est souvent difficile à prendre avec les familles.

Les soins palliatifs visent, quant à eux, à mettre en œuvre tous les moyens médicaux existants pour que les patients, condamnés à plus ou moins brève échéance, puissent bénéficier d’un confort optimal et adapté à leur cas.

L’équipe de soins palliatifs peut envisager dans certains cas la sédation active. Par exemple, si le patient conscient de son évolution, entre dans une phase d’agonie difficile. Pour partir sereinement, celui- ci peut être endormi jusqu’à sa mort. Dans ce cas les produits utiliséssont utilisés pour accompagner la mort, mais non pour la provoquer. Il ne s’agit donc pas d’un homicide ! Le développement des soins palliatifs permet donc de soulager un patient sans courir le risque de le tuer. (potentiellement mortels, d’après la notice d’utilisation)

 
 
Qui demande l’euthanasie ?
 
Deux catégories se dégagent.

La première, la plus nombreuse, est constituée par les associations de bien-portants. Leur discours est marqué par un matérialisme accru. Ils s’intéressent à ce qu’ils pensent être la dignité de l’homme. Mais des problèmes fonctionnels enlèvent-ils toute dignité à l’homme ?

Cela ne les gênent pas pour défiler, et influencer les médias, ainsi que le comité national d’éthique. Celui-ci est même prêt à envisager une « euthanasie d’exception ». Les associations de malades, elles, ne demandent pas l’euthanasie, alors qu’elles devraient être les premières concernées !!

 

Une autre catégorie, qui demande plus rarement l’euthanasie, sont les familles des malades. Ces personnes, fatiguées et souffrantes de voir un des leurs s’éteindre, réclament auprès du corps médical cette possibilité. Elles ne veulent pas s’avouer qu’elles souhaiteraient une fin rapide, car elles ne supportent pas la situation. Et celle-ci les renvoie à leur propre mort…

 
 
Mais que pensent les malades ?
 

Une étude américaine des années 90 montre que les patients demandant l’ euthanasie y renoncent après la mise en place d’une psychothérapie et avoir été traité pour état dépressif. L’accompagnement est donc un élément fondamental.

 

Les malades peuvent être amenés à demander l’euthanasie lorsque leurs douleurs ne sont pas soulagées. Mais aujourd’hui, aucune douleur ne peut résister avec les techniques dont nous disposons. Un médecin qui maîtrise les outils indispensables n’a pas de raison de céder à une demande d’euthanasie. Cependant, en France, la consommation d’antalgiques est trois fois moins importante qu’en Grande Bretagne. Ceci pour des raisons de pratique médicale. Un grand effort de formation est à fournir dans ce domaine pour éviter ces situations de détresse.
Des déclarations médicales maladroites comme :« il n’y a plus rien à faire »peuvent entraîner le désespoir du malade. Celui-ci se referme sur lui même, se cloître et est conduit à demander l’euthanasie.

En revanche, le patient est rassuré, s’il sent que le personnel de santé se bat contre ses symptômes ou cherche à stabiliser ou faire ralentir maladie. Il ne partira pas sans la conviction que le maximum à été fait pour lui.

 

En résumé, la demande d’euthanasie vient occasionnellement des familles, mais surtout des associations de bien portants. La société devrait, pour eux, se débarrasser des patients en fin de vie.

Les politiques ne sont pas indifférents à ce discours. L’accompagnement en fin de vie pose des problèmes économiques dans un contexte de déficit chronique de la Sécurité Sociale.

Sous la pression économique et démographique ou au nom du matérialisme, les hommes politiques sont également de plus en plus nombreux à être tentés par cette possibilité.

 

Les médias quant à eux, ont déjà choisi leur camp. La pensée unique régnant sur l’ensemble des salles de rédaction, il n’existe que de rares journaux, radios ou webzines pour s’opposer à l’euthanasie. Les Médias n’interrogent que ceux qui répondent d’une certaine façon. Ils entretiennent savamment la confusion entre les différentes formes de fin de vie que nous avons définies plus haut. La population subit un matraquage continu, empêchant tout recul. Conserver un esprit critique demande beaucoup d’énergie et de temps, car il faut se renseigner par soi même à l’aide d’ouvrages, coupures de presse sporadiques.

 

Contrairement à ce qu’affirment les partisans de l’euthanasie, le patient retrouve sa dignité si toutes les mesures nécessaires ont été prises (hygiène, traitement des symptômes, prise en charge de la douleur et accompagnement) et si tout le monde lui fait comprendre que sa vie est précieuse.

 

Le développement des soins palliatifs semblent être la meilleure solution que nous avons à notre portée face à l’enjeu démographique. De nombreux centres de soins palliatifs pour personnes âgés devront être crées pour leur assurer confort et sérénité face à la mort : il est important que les jeunes de demain aient conscience que notre société respecte la vie jusqu’au bout.

 

« L’euthanasie d’exception » envisagée par le comité national d’éthique est dangereuse. Elle ouvre la porte à la légalisation de l’homicide et à sa multiplication sans aucune sanction. Les personnes âgées dans quelques années auront de bonnes raisons de s’inquiéter pour leur sécurité en milieu hospitalier…

 

Quant aux demandeurs d’euthanasie bien-portants, ils courent le risque d’être un jour eux même dépendants. Et au nom de la société qu’ils auront contribué à édifier, on estimera qu’il est inutile qu’ils survivent. Pris à leur propre piège, ils seront supprimés…

Souhaitons que cela n’arrive jamais.
par David Valancogne publié dans : Ethique
 

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