Cela fait déjà quelques années que le gouvernement travaille l’opinion à la suppression de la liberté d’installation des médecins libéraux. Maintenant, elle semble se profiler à l’horizon.
Or depuis son apparition, la médecine libérale repose sur 4 piliers : le libre choix du médecin pour le malade, la liberté d’honoraire, la liberté de prescription, et la liberté d’installation.
Le libre choix du malade a été sérieusement entamé avec le choix d’un médecin traitant et " le parcours coordonné " assorti de sanctions.
L’encadrement des honoraires a eu pour principale conséquence, une diminution du nombre de candidats médecins généralistes à l’installation, plus de la moitié préférant rester à l’hôpital. Elle a également entraîné une diminution de vocations vers les spécialités les plus pénibles : la chirurgie, la gynécologie obstétrique et l’anesthésie réanimation. De plus, cette mesure a entraîné une compensation par la course à l’acte accentuant la pénibilité. Certaines spécialités chirurgicales comme la chirurgie cardiaque ou générale ne forment presque plus d’internes.
La suppression de la liberté d’installation sera le coup de grâce.
Actuellement ,très peu de médecins généralistes ou spécialistes s’installent naturellement en milieu rural. Je ne vais pas en développer les causes dans cet article. Il me paraît surtout important d’attirer l’attention du lecteur sur les conséquences de la suppression de la liberté d’installation. Elles sont fort simples. Ces dernières années, le concours d’internat a commencé à entamer cette liberté. En effet, les internes qui ont choisi la médecine générale ne peuvent plus vraiment s’installer où ils veulent. Ils doivent choisir une région où ils exerceront leur internat et par la suite s’installer définitivement (sauf dérogations au cas par cas) en fonction de leur classement au concours. En cela, ils rejoignent la réglementation qui s’appliquait jusqu’alors aux internes de spécialité.
Au delà des protestations, les internes de médecine générale ont joué le jeu, car le concours leur garantissait un espace de liberté leur permettant de choisir approximativement leur lieu d’installation. La conséquence a été immédiate : tous les postes d’internes ont été pourvu dans les régions du Sud et les régions du Nord ont subi un manque d’interne. Certains internes ont préféré redoubler leur année de concours pour retenter leur chance pour le Sud, plutôt que de pourvoir un poste dans l’inter région Nord. Ce problème ne fait que commencer, car cela signifie qu’il y aura de moins en moins de médecins libéraux installés dans les régions du Nord.
Mais si maintenant, le gouvernement change les règles du jeu en supprimant totalement la liberté d’installation avec la perspective certaine d’être forcé à s’installer en milieu rural, on peut facilement prévoir la suite : les internes de médecine générale ne choisiront plus la médecine libérale et se débrouilleront pour rester à l’hôpital ou retenteront le concours pour devenir spécialiste. En amont, les bacheliers réfléchiront à deux fois avant de s’engager dans les études médicales. Au total, il faut s’attendre à une chute brutale des vocations médicales qui touchera toutes les spécialités et une désertification de la médecine libérale : non seulement il n’y aura plus de médecin généraliste en milieu rural mais il y en aura de moins en moins dans les centres urbains !
Quand à la liberté de prescription et l’objection de conscience qui n’est pas loin derrière, le temps est proche où elles seront à leur tour supprimées.
En observant l’histoire médicale, une conclusion s’impose : toutes les mesures coercitives que l’Etat a prises depuis la seconde guerre mondiale, n’ont fait qu’accentuer ou provoquer de nouveaux problèmes. Il faut rappeler que l’instauration du numerus clausus est la cause initiale du manque de médecins installés en milieu rural.
Arrêtons là le massacre de la profession médicale et rétablissons les libertés fondamentales qui sont la source de la médecine libérale !
Commentaires
Bravo pour ces articles David , mais est il toujours possible de quiter la sécu
commentaire n° : 2
posté par :
toto
le: 28/02/2008 14:43:23

Je viens de découvrir ton blog sur le salon beige.
Bravo!
Continue.
Amitiés
Jean-Christophe.