LE CONSERVATEUR             Blog du  dissident politique  David  Valancogne

 
Lundi 19 mars 2007
Lors de sa conférence de presse du 13 octobre dernier, le prestigieux cardinal archevêque de Durban (Afrique du Sud) a exposé le terrible bilan de l'épidémie de SIDA dans son pays. Il y aurait plus de quatre millions et demi de personnes atteintes du sida et 1.000 personnes en mourraient chaque jour. Il a rappelé que le Botswana, pays voisin de l'Ouganda avait le taux d'infection le plus faible. Mais depuis que le gouvernement a fait la promotion du préservatif, le taux d'infection est devenu le plus élevé d'Afrique !
Il n'y a donc d'une part qu'une méthode vraiment efficace : l'abstinence et d'autre part les campagnes de lutte basé sur le préservatif peuvent être qualifiées de criminelles, car elles encouragent la propagation du virus.
(Source : ACIM)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
" Abstenez-vous ou mourrez ! " tel est le message lancé par l'Ouganda à la population pour lutter contre la progression du virus du SIDA. Depuis, le taux d'infection a régressé de 29% à 6%. Il faut noter que c'est le seul pays d'Afrique où l'infection a reflué. En effet, il est le seul pays à avoir axé sa campagne sur l'abstinence alors que tous les autres pays ont fait campagne sur l'utilisation du préservatif.
(source : ACIM)
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Le référendum organisé sous la pression des mouvements pro-avortements a malheureusement abouti à ce que 56% des électeurs se prononcent contre la loi anti-avortement promulguée en mars dernier. Cette loi interdisait l’avortement sauf en cas de danger pour la vie de la mère et pouvait entraîner 5 ans d’emprisonnement pour les médecins pratiquant un avortement

Cet événement montre la délicate pratique des référendums d’initiative populaire. Bien qu’ils seraient bienvenue notamment en France, ils mériteraient des règles plus précises notamment concernant les droits fondamentaux. On verrait mal 56% de la population voter contre la propriété privée après un référendum organisé sous la pression de l’extrême gauche. Et pourtant les habitants du Dakota du sud ont voté pour l’assassinat d’innocents sans défense ! On touche ici les limites de la démocratie. Le RIP ne devrait pas pouvoir modifier des droits fondamentaux et un chiffre de pétitionnaire très élévé devrait être requis pour déclencher un référendum pour modifier le droit constitutionnel, voire changer une constitution.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007
La commission bioéthique et vie humaine du diocèse de Fréjus-Toulon dénonce une « grande stratégie eugéniste mise en scène ». En effet, l’Association française contre les myopathies (AFM) organisatrice du téléthon a fait du lobbying auprès des pouvoirs publics pour obtenir la légalisation du diagnostic préimplantoire (DPI). Il faut rappeler que le DPI consiste à trier les embryons avant implantation pour détruire ceux qui sont atteints de maladie génétique.
Les organisateurs du Téléthon nous proposent donc pour éradiquer la maladie…de tuer les malades ! C’est de l’antimédecine et le comble de l’absurdité.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Avec ce titre pour le moins surprenant, on devrait s’attendre à des surprises pour les élections présidentielles de 2008. Mais non, cette idée ne se réalisera pas cette fois ci !

 

Comment les catholiques pourraient-ils prendre le pouvoir ? Il faut pour le comprendre, revenir une trentaine d’années en arrière. Sous l’influence anglo-saxonne, les mentalités ont considérablement évoluées. En effet, Margaret Thatcher, Ronald Reagan et leurs successeurs ont porté le conservatisme dans l’arène politique. Depuis, beaucoup de choses ont changé.

Le mouvement conservateur a pris ses racines dans les années 50 face aux dégâts causés par l’Etat providence. Ce courant s’est appuyé sur un retour aux sources qui ont fondé les USA : l’esprit créatif, l’espoir d’une vie meilleure reposant sur la liberté religieuse, la liberté économique et la liberté d’expression. L’esprit religieux y est très important. Le conservatisme est aussi un retour aux valeurs morales occidentales issues de l’héritage du monde greco-romain et l’influence du christianisme. Je pense notamment aux vertus cardinales : la force, le courage, la justice et la tempérance. Tout ceci résume, le nouveau souffle qui anime les USA.

Ce mouvement a gagné l’Angleterre sous une forme plus économique. La France, quant à elle, a tourné le dos à ce mouvement depuis l’élection de François Mitterrand en 1981.

 

Néanmoins, l’effondrement social et économique de notre pays est maintenant propice. Je suis persuadé que les digues qui empêchent le conservatisme de prendre le pouvoir vont céder.

Mais le conservatisme en France sera-t-il semblable au conservatisme américain ? Je ne crois pas. Même si nous partageons la même culture occidentale, l’histoire de notre pays pèse beaucoup dans ses choix.

 

On peut dresser un portrait type de ce que serait un conservateur français au pouvoir.

 

Dans un pays laïcisé à outrance, et qui tente d’étouffer le catholicisme par tous moyens, il est évident que la réaction conservatrice viendra des catholiques.

 

De plus, notre pays est en train de devenir un désert moral. On continue de prôner la liberté sexuelle à tout va et de plus en plus jeune par des campagnes de soi disant « prévention » alors que l’on sait que cette licence a un lien très fort avec l’augmentation massive des IVG et des maladies sexuellement transmissibles.

On bafoue la dignité humaine en présentant des publicités qui ne sont rien d’autre que de la pornographie réduisant le statut de la femme à une vulgaire prostituée.

On bafoue la dignité humaine, en tuant des êtres humains avant leur naissance, en encourageant les manipulations de toute sortes sur les embryons.

On bafoue la dignité humaine, en laissant insidieusement s’installer l’euthanasie dans notre pays.

On veut ignorer notre propre nature, en laissant des personnes de même sexe contracter officiellement des unions pour acquérir des pseudo-droits.

 

On ne sait même plus ce que veut dire force courage justice et tempérance. Comment peut-on être vertueux dans un environnement qui relativise toute morale et nous obligent à vivre dans un environnement désolant ?

Il n’y a pas beaucoup de défenseur d’une morale objective en France. Ce sont surtout les catholiques qui portent le flambeau. Les pratiquants sont peu nombreux, mais dans cet appauvrissement moral, leurs convictions n’ont jamais été aussi fortes.

 

Cette crise morale, ouvrira les portes du pouvoir à des catholiques convaincus.

 

Sur la question morale, il y a convergence avec les conservateurs américains. En revanche, pour ce qui est de la philosophie profonde, je crois que le conservateur français est beaucoup plus marqué par la philosophie classique que le conservateur américain.

 

En effet, le conservatisme américain s’appuie davantage sur la philosophie moderne que l’on retrouve avec Locke, l’Habeas Corpus, la peur de l’état léviathan. Le conservatisme américain épouse donc un libéralisme beaucoup plus intense.

Bien que la doctrine classique soit antérieure à la philosophie moderne, qui a donné naissance au libéralisme et au socialisme, on pourrait dire néanmoins qu’elle n’est ni libérale, ni socialiste.

Tout au moins, épouse-t-elle les grands principes du libéralisme économique. En effet, la découverte des lois économiques par les économistes libéraux ( on devrait dire les économistes tout court, car au XIXème siècle on nommait les libéraux par le vocable honorant d’« économistes ») n’est finalement que la découverte des lois naturelles du Créateur qu’il faut apprendre à respecter et à utiliser pour le bonheur de tous. Un bon exemple en est Frédéric Bastiat, brillant économiste. En revanche, la doctrine classique s’éloigne un peu du libéralisme politique. En effet, les libéraux ignorent la notion classique de bien commun En acceptant la démocratie égalitaire moderne, ils ont aussi renoncé à résoudre la question du meilleur gouvernement. Ils ignorent également que notre monde est finalisé. Tout être présent dans l’univers a une finalité. Un arbre fruitier est là pour grandir et donner du fruit. Les êtres humains sont là pour devenir des adultes responsables, vertueux pour atteindre le bonheur et la perfection.

Pour les libéraux et même les socialistes, le monde n’est pas finalisé. Quel message désespérant pour l’humanité.

Enfin pour les classiques, la liberté n’est pas qu’un simple choix indifférent, mais un choix orienté vers ce qu’il y a de meilleur comme l’enseigne les grecs anciens.

 

Quel homme politique français aujourd’hui parle de bien commun ? Aucun. Pourtant la finalité de toute action politique est d’assurer le bien commun. Et celui-ci s’appuie sur la justice, la paix et la bienveillance réciproque qui s’acquiert par l’éducation comme l’a souligné Aristote.

 

En fait, nos hommes politiques y ont renoncé pour assurer leur propre pérennité. Ils préfèrent s’appuyer sur la démagogie, les déclarations alléchantes, brosser l’électeur dans le sens du poil. Ils font miroiter des promesses irréalistes, justement parce qu’elles ne sont pas réalisables !

N’ayant rien à proposer, ils essayent de scruter les événements, d’être dans l’air du temps pour pouvoir exister. Hier, ils toléraient la pédophilie. Aujourd'hui, c’est insoutenable. Hier, ils étaient contre l’IVG, aujourd’hui ils en redemandent. Hier ils étaient contre les droits des homosexuels, aujourd’hui ils ne souhaitent que cela !

Ils sont devenu des girouettes qui sèment trouble et mécontentement dans les esprits de la majorité silencieuse.

 

La corruption est aussi un fait établi dans les arcanes du pouvoir. Elle n’est point combattue et déshonore nos institutions judiciaires pluriséculaires en organisant des simulacres de procès.

L’idéal de justice s’est perdu. La notion de juste mesure n’existe plus. C’est le triomphe de l’arbitraire.

 

La substitution de la charité par une prétendue « solidarité » publique est une catastrophe. L’Etat providence est source de détournement d’argent et fabrique de la pauvreté sous prétexte de l’éradiquer. Il encourage l’affaiblissement de la famille en subventionnant les familles monoparentales. Il détruit la valeur du travail en incitant les pauvres à ne pas retrouver de travail à travers de multiples aides. Il entraîne la surconsommation médicale avec la CMU et laisse croire à la gratuité des soins. Et surtout, il alimente le chômage par ses prélèvements écrasants sur les entreprises et les assurés sociaux.

 

La charité par le biais des associations doit passer avant l’Etat.

 

L’Etat obèse est aujourd’hui affaibli. Il est incapable d’assurer la paix et la justice correctement. Il ne lui reste qu’une capacité à aspirer impôts et taxes pour soulager sa boulimie.

Une cure de minceur accélérée s’impose pour que notre société reprenne de la vigueur et que l’Etat se recentre sur le bien commun.

 

Le conservateur serait selon les mots du quotidien « le Monde » un « ultralibéral, conservateur, catholique ». C’est à dire l’espèce la pire que l’on puisse imaginer, car elle est à l’opposé de la pensée unique médiatique.

Ce seront donc des hommes et des femmes fidèles à leurs convictions religieuses, s’appuyant sur une morale objective, libéraux économiques convaincus, en quête du bien commun, de la justice au sens d’Aristote et de Saint Thomas d’Aquin.

 
Les catholiques prendront le pouvoir !
 
Aujourd’hui c’est un vœu, demain se sera une réalité !
Lundi 19 mars 2007

Face aux nouvelles revendications, comment justifier que le mariage ne peut concerner qu’un homme et une femme ? Et comment justifier le droit de vivre pour les enfants à naître, menacés d’avortement ?

Pour Aristote, cela aurait été d’une simplicité de le démontrer. Mais pour nous qui vivons à l’époque moderne nous avons perdu le lien justificatif entre mariage et différence sexuelle et le lien entre grossesse et naissance.

Il est devenu difficile de défendre une position traditionnelle faute de démonstration dans un monde rationnaliste. Or, pour les philosophes classiques (avant le XIIIème siècle) la justification est très claire.

 

Nous allons redécouvrir la problématique telle qu’elle est posée par les classiques.

Aristote explique la présence de tout objet dans l’univers par 4 causes.

La cause matérielle : de quoi est fait l’objet ?
La cause formelle : comment est il fait ?

La cause efficiente : par qui et par quoi a-t-il été produit ?

La cause finale : vers quoi tend-il ?

Il est important de noter que la cause finale est celle qui permet de rendre compte de l’essence, de la nature d’une chose. Elle permet d’en déduire l’intervention des 3 autres causes. Prenons l’exemple d’une chaise. Cet objet est fait pour s’asseoir (cause finale). Nous pouvons aisément en déduire les 3 autres causes. Il a été produit par l’homme dans un matériau et d’une forme adaptée au confort.

Aristote ajoute un point capital : « la nature d’une chose est sa fin » et « en outre…la fin d’une chose est son bien le meilleur ». Autrement dit la cause finale rend compte sur ce que doit être la chose.

Par exemple un abricotier a pour cause finale de grandir afin de donner des abricots. Telle est sa pleine réalisation. De l’être à réaliser sort le devoir être. De la même manière du devoir être sort l’être : l’abricotier ne sera pleinement abricotier que s’il donne des abricots. L’être en ce sens est un idéal et indique en même temps ce qui est normal. De l’idéal sort la norme. C’est donc en observant le fait naturel que nous pourrons déduire la norme.

Ainsi, l’homme est constitué d’une double composante matérielle et spirituelle. Il tend vers sa perfection physique (l’âge adulte) et morale (épanouissement de toutes ses facultés intellectives et volitives). La détermination de ce qu’est l’homme découle des indications sur ce qu’il doit être pour réaliser pleinement son humanité.

 
Revenons maintenant au mariage.

Le mariage en tant que fait naturel a pour cause finale de donner du fruit, c’est à dire des enfants et de lier des personnes de sexe opposés. En effet, le mariage est une inclination naturelle de l’homme qui est poussé à se reproduire et à s’épanouir avec une personne de sexe opposé. Le fait naturel  mariage ne peut établir comme norme que le lien entre deux personnes de sexe opposé. Le mariage ne peut être vraiment mariage que s’il concerne des personnes de sexe opposé. Il ne peut donc y avoir de mariage contracté de personnes de même sexe.

 
De la même manière concernant l’avortement.

Si une femme attend son enfant, son devenir naturel est de le mener à terme et d’accoucher. il est impensable pour un philosophe classique qu’il ne puisse en être autrement. Du fait naturel maternité sort la norme, d’un droit naturel à la vie pour un enfant à naître. La maternité n’est vraiment maternité que si elle est suit son cours naturel pour que la femme assume pleinement son humanité.

 

L’ordre naturel des choses ne peut être remis en cause. Si on tend à le faire disparaître de nos sens, il existe toujours caché, plus ou moins inconscient, pour revenir dans nos vies.

Même si une union officielle de même sexe baptisée « mariage » apparaît un jour par la seule volonté humaine, elle ne sera jamais considérée comme un « vrai mariage » dans l’inconscient collectif. Le fait naturel est là. L ‘union officielle de même sexe tendra même à décridibiliser le mariage civil et à dynamiser le mariage hors civil, c’est à dire le mariage religieux car celui-ci a bien le sens profond de la nature des choses. Il suffit de participer aux préparations aux mariages religieux pour s’en rendre compte.

L’avortement semble de plus en plus rendre de manière criarde mettre en valeur le fait naturel de mener à terme une grossesse. Il suffit d’interroger les équipes qui pratiquent l’avortement pour s’en rendre compte : c’est le dégoût qui domine. Ce sentiment est d’autant plus important que l’on se rapproche du terme. En effet, l’enfant à naître ressemble de plus en plus à l’enfant que l’on pourrait chérir dans ses bras. Le fait naturel est encore plus présent chez les femmes qui ont avorté. Les problèmes psychologiques engendrés par l’être enlevé sont nombreux. La femme ressent la souffrance dans son corps mais aussi dans son psychisme et dans son âme.

La nature se révolte : un vent de mécontentement semble se dessiner sur cette question. Les mouvements pour la vie se multiplient. Des états ont fait marche arrière où sont en train de le faire. Même si la volonté humaine ne l’approuve pas, le monde est ainsi fait. Un ordre naturel est établi. Il ne peut être détruit.
par David Valancogne publié dans : Ethique
Lundi 19 mars 2007

Nous-nous sommes souvent posé la question de savoir comment ces attentats ont été possibles ?

Nous avons vu, lu ou écouté beaucoup d’explications qu’elles soient religieuses, géopolitiques, historiques, etc…

Je souhaiterais cependant apporter une approche complémentaire philosophique, car cela me semble important pour tirer partie de l’avenir.

 

Pour cela, il faut examiner le concept de liberté. Il en existe deux approches : la classique (jusqu’au XIIIème siècle) et la moderne (après le XIIIème).

Cette dernière est celle défendue par les anglo-saxons aujourd’hui (et beaucoup d’autres). La liberté au sens moderne est conçue comme la capacité de faire un choix indifférent. Je peux choisir aussi bien le mal que le bien ou le meilleur et le pire. Peu importe, car il s’agit avant tout de faire un choix sans contrainte. La liberté est donc conçue comme une licence.

A ce stade, nous pouvons alors comprendre la façon dont les américains conçoivent la liberté d’expression : c’est un droit illimité, nous pouvons pratiquement raconter ce que l’on veut et même appeler au crime et personne ne pourra vous empêcher de vous exprimer. Cela fait partie du premier amendement de la constitution américaine. Cet amendement est considéré comme un pilier de la société américaine. Un imam peut donc sur la place publique, ou au sein d’une mosquée appeler à mener une guerre sainte, en appelant au massacre des chrétiens ou la destruction des USA par exemple. 

De la même manière, la liberté religieuse est un fondement aux USA. Toute personne a le droit illimité de pratiquer sa religion quelques soient les conditions. Le contraire est inconcevable, quand on voit le foisonnement d’Eglises différentes aux USA. Des musulmans intégristes peuvent donc embrigader, procéder à un lavage de cerveau de futurs « martyrs » candidats au suicide. Ils peuvent aussi obliger des musulmans non pratiquants à se radicaliser, à appliquer la charia.

 

L’approche classique est toute autre. La liberté est avant tout conçue comme un moyen de faire le meilleur. C’est la capacité de faire un choix pour l’excellence. Bien entendu, ce choix doit se faire sans pression extérieure mais aussi intérieure, car pour faire un choix juste, je dois nécessairement me délivrer de mes tensions intérieures qui m’empêchent de percevoir la vérité. Il ne s’agit pas de faire un choix indifférent. Si j’ai le choix entre un bien et un mal, je dois choisir le bien. Si j’ai le choix entre un bien fade et un bien meilleur, je dois choisir le meilleur. Si j’ai le choix entre la médiocrité ou l’excellence, je dois choisir l’excellence pour être authentiquement libre.

Autrement dit, si j’agis de manière contraire au bien, j’agis contre ma nature qui est de faire le bien, je ne suis donc pas libre. Nous touchons du doigt la grande révolution de la liberté classique que les modernes ont oublié : nous ne pouvons être libres si nous commettons le mal, si nous effectuons des actes contraires à notre nature humaine. Nous sommes alors prisonniers de nos faiblesses.

 

Les américains ont brutalement pris conscience des limites de la liberté. Ils pourraient penser : « Comment ces horreurs ont-elles pu avoir lieu alors que nous leur avons donné [aux terroristes] toute la liberté possible, c’est à dire, ce que nous estimons de meilleur dans notre pays ? ».

Cela est certainement en partie dû à une vision restrictive de la liberté à un choix indifférent.

En protégeant ce choix, les américains ont cru qu’ils protégeaient la liberté. Or, pour les classiques, utiliser la liberté pour faire le mal, c’est au contraire tuer la liberté. On ne peut donc pas se contenter de protéger le simple choix, il faut aller plus loin. Il faut nécessairement examiner ce choix. Pour protéger la liberté on ne peut pas au nom de « la liberté d’expression », laisser des hommes appeler au crime. Sous prétexte de protéger la liberté religieuse, on ne peut pas non plus laisser des hommes organiser n’importe comment leur religion sans tenir compte des autres droits, en particulier celui de la dignité humaine ou de la liberté de conscience.

En Grande Bretagne, des choses invraisemblables ont eu lieu. Des intégristes musulmans ont pu construire des écoles et les gérer comme ils l’entendaient sans contrôle sous prétexte de la liberté d’enseignement et de la liberté religieuse. On a appris par la suite que le conditionnement des élèves et le respect de leur dignité était plus que douteux. Des terroristes ont pu se regrouper et fomenter des attentats dans le « londonistan », sous prétexte de la libre circulation des personnes. Les résultats se voient avec les récents attentats de Londres.

 

Les événements terroristes de ces dernières années ont finalement montré que la liberté n’a pas cessée de reculer ! C’est donc bien que la notion de liberté comprise comme licence est insuffisante pour sauvegarder la Liberté.

 
L’approche moderne de la liberté demande donc à être dépassée. La liberté juridique doit être examinée au regard des autres droits et affirmer clairement ses limites : celles du bien ! Sinon elle sera détruite et nous avec !
Lundi 19 mars 2007

Nous avons mis en lumière des différences importantes entre les principales éthiques auxquelles les courants libéraux se reportent. Le concept de liberté, fondement du libéralisme, s’en trouve influencé.

Nous avons présenté ces influences sous la forme de trois niveaux de liberté. Mais les fondements philosophiques nous ramènent à un débat beaucoup plus profond et beaucoup plus grave, car il renvoie à des conceptions radicalement différentes. Ce débat est en réalité une controverse entre deux moines. Elle a abouti à une crise, toujours non résolue, de la pensée occidentale depuis le Moyen-Age. Les lumières ne l’ont pas surmontée. C’est une révolution philosophique qui a littéralement atomisé notre vision du monde.

 

Notre premier moine, Thomas d’Aquin, développe une vision de la liberté pour l’excellence. Elle correspond au troisième degré de liberté que nous avons évoqué.

 

La liberté est un moyen de parvenir à l’excellence grâce à l’intelligence et à la volonté en suivant son penchant pour la vérité, la bonté, le bonheur, inhérents à la nature humaine.

La liberté est donc la capacité de choisir ou de ne pas choisir sagement ce qui peut concourir à notre bonheur, au bien commun et de bien se comporter. La liberté apparaît donc comme le grand principe organisateur de la vie morale.

Dans ce cadre, la liberté est d’acquisition graduelle : on acquiert progressivement la capacité à choisir le bien et à faire ce que l’on choisit dans la perfection et l’excellence. Pour cela, les 4 vertus cardinales sont d’un appui capital. Rappelons qu’il s’agit de : la prudence, la justice, le courage, la tempérance. L’habitude d’une vie dans la sagesse et l’éducation sont nécessaires à leurs progressions. L’éducation peut entre autre s’appuyer sur l’imitation d’autres personnes vivant dans la sagesse.

La liberté n’est donc pas chose facile à acquérir, elle demande du temps et de la volonté. Elle est comparable à l’apprentissage d’un instrument de musique : tout le monde peut au début taper sur un piano pour faire du bruit mais progressivement par un apprentissage et un exercice régulier on arrive à produire de la musique puis à jouer ce que l’on aime ou à créer. Ainsi, l’homme en atteignant une grande maîtrise de la liberté, s’ouvre des horizons de bonheur infini.

 

Pour Thomas d’Aquin, la liberté et la loi ne sont ni contraires, ni contradictoires : la loi peut nous former à la liberté. Elle n’est pas une contrainte extérieure. Nous avons vu que la loi est une branche de la morale. Et celle-ci est intrinsèque à la nature humaine. La loi est donc inscrite dans l’Homme. Elle est la traduction explicite de certaines normes utiles et nécessaires à la vie en société. Elle est une œuvre de sagesse, car une bonne loi permet de nous guider pour réaliser les biens humains en fonction de ce que nous sommes et nous sommes censés être en tant qu’homme. A contrario, une mauvaise loi s’oppose à notre liberté, dans le sens ou elle nous oblige à suivre une voie contraire à l’éthique.

 

La liberté selon Thomas d’Aquin nous a permis de développer nos penchants les plus nobles. Elle nous a conduit aux sociétés démocratiques et pluralistes, au respect des autres.

Elle doit nous conduire à des sociétés où le droit de tous est protégé à la fois par la loi et les engagements moraux.

 

Notre second moine, Guillaume d’Ockham, est né 12 ans après la mort de Thomas d’Aquin. Il est le principal représentant du nominalisme, puissant mouvement philosophique du Moyen Age. Il considère que les concepts universaux n’existent que dans notre esprit et non dans la réalité. Par exemple, « la nature humaine » n’existe pas. Celle-ci n’est que la description ou le nom (d’où le terme nominalisme) que nous donnons aux traits de caractère communs et répandus dans la nature humaine. Les seules choses qui existent sont les détails.

 

Le nominalisme a eu, et a toujours une immense influence sur les idées politiques. Il a en tout cas changé radicalement la vision du monde.

 

Si la nature humaine n’existe pas, alors il n’y a pas non plus de principes moraux universels qui puissent être tirés de la nature humaine. La morale ne peut donc être que loi et obligation. Et elle ne peut être qu’en dehors de moi, à contrario des idées défendues par Thomas d’Aquin.

La loi n’est donc qu’une contrainte extérieure qu’elle soit humaine ou divine.

 

L’œuvre d’Ockham est considérée comme la première révolution de l’ère moderne. Ockham, en modifiant notre idée du monde, a créé du même coup une nouvelle idée de la personne et de la société.

En effet, en devenant extérieure à l’homme, la morale perd tout son sens et sa fonction. Et le nominalisme affirme qu’elle n’existe pas, elle n’est qu’une invention du législateur !

La vertu n’est qu’une habitude de soumission à loi.
 

En mettant la morale en dehors de l’être humain, Ockham a persuadé beaucoup de libéraux que l’éthique n’a rien à voir avec la liberté puisqu’elle en a été écartée. Or, nous avons vu que tout acte est porteur d’un contenu moral. Ce que je décide est nécessairement précédé d’un jugement moral qui fait appel à ma raison et guide ma volonté. Et si je refuse de faire un choix raisonné en me guidant sur ma seule volonté, ma liberté n’est qu’une force aveugle, dangereuse aussi bien pour moi que pour ceux que ce choix peut atteindre.

 

Si la loi est extérieure à l’homme, alors elle n’a plus de raison d’être. C’est la porte ouverte au chaos. Les subjectivistes d’aujourd’hui l’ont bien compris. Pour pouvoir appliquer les idées subjectivistes, sans provoquer la dislocation des sociétés organisées, il faut nécessairement faire une concession. Ils tolèrent la loi du « dommage minimum à autrui » pour maintenir un ordre minimal.

 

Sans l’éthique, la liberté devient liberté d’indifférence, c’est à dire une faculté neutre du choix. La voie à une volonté toute puissante est ouverte.

Dieu étant suprêmement obstiné, la vie morale pour Ockham, est un duel de volonté entre celle de l’homme et l’imposition de celle de Dieu. La volonté devient finalement l’attribut qui définit l’homme voire l’attribut qui définit toute réalité. Cela a des conséquences profondes sur « le monde réel ». Le volontarisme coupe dramatiquement les hommes les uns des autres.

En effet, s’il n’existe que des biens particuliers, individuels pour les hommes et les femmes qui agissent dans le sens de leur volonté personnelle, alors il n’y a pas de « bien commun ». La vie en société devient extrêmement difficile et douloureuse.

 

Le rejet de la loi et de la morale pose un véritable problème de société. Aussi plus tard, Kant, conscient de la nécessité d’une éthique, a tenté sans succès de la remettre à sa juste place.

En effet, il n’a pas renoncé à la liberté ockhamienne pour une morale intrinsèque à l’homme. Il a simplement proposé un système moral basé sur un impératif catégorique qui pourrait être connu par la raison et qui serait capable de redonner une forme d’objectivité à la morale. Mais celle-ci reste toujours extérieure à l’homme et Kant ne lui donne pas de sens, ce qui rend sa théorie fragile. Comment un système moral peut-il être crédible, s’il reste imposé car extérieur à l’homme ? Et pourquoi appliquer la morale ? Dans quel but ?

Néanmoins, Kant a réaffirmé l’existence de normes hiérarchisées et universelles ce qui le rend plus proche d’une éthique humaniste que les disciples d’Ockham.

 
 

Plus tard, lorsque les références d’origine divines sont évacuées, d’autres philosophes tout en restant fidèles à Ockham ont voulu redonner un sens moral à la liberté-volonté. Ce sont les utilitaristes qui voient la liberté comme un instrument : la liberté est utile, car elle permet d’apporter le progrès au plus grand nombre. Mais nous avons vu que cette éthique reste relativiste car on ne sait pas dans quel sens doit aller le progrès et ce qui peut être considéré comme moral dans les circonstances actuelles, le sera-t-il demain ?

 

Aujourd’hui, beaucoup de libéraux ont suivi le chemin tracé par Guillaume d’Ockham. La liberté est perçue comme une liberté négative, sans contraintes extérieures.

Beaucoup soutiennent également que l’Etat de droit est nécessaire pour le bien de tous et la protection de la liberté. Or dans l’esprit d’Ockham, il s’agit d’une situation paradoxale, puisque la loi s’oppose à la liberté. Dans ces conditions, l’Etat ne peut que violer la liberté.

Pour surmonter ce paradoxe, des libéraux concèdent que « la liberté doit être un peu brimée » par l’Etat de droit. Certains sociobiologistes le justifient en disant « qu’il vaut mieux un état de droit qu’un retour à «l’Etat de nature » ou encore « l’évolution de la société a rendu nécessaire l’état de droit, donc la liberté doit, bon gré mal gré, être brimée ». Cette concession peut être motivée par des idées utilitaristes : « il vaut mieux un état de droit, car c’est la situation la plus profitable pour le plus grand nombre ». Cette thèse peut être défendue par les subjectivistes que si la liberté individuelle est le moins possible attaquée par l’Etat. On pourrait multiplier les arguments à l’infini.

Cette contradiction apparente génère incohérences et fragilise dangereusement la défense de la liberté. En réalité, nous l’avons vu plus haut, cette contradiction n’existe pas. La loi ne s’oppose pas à la liberté, elle la forge.

 

L’Etat de droit est d’autant plus nécessaire et indispensable pour l’exercice de la liberté, qu’une société organisée devient de plus en plus complexe. La multiplication des échanges transforme le monde en un vaste réseau où un droit universel et compréhensible est vital.

 

A travers ce retour aux idées fondatrices de la liberté, deux conceptions philosophiques vivaces s’opposent, celle de la liberté pour l’excellence et celle de la liberté-volonté.

Pour Ockham et ses disciples, la liberté n’a plus de caractère spirituel. La liberté est l’homme autonome et non vertueux, puisque la liberté n’a rien à voir avec la bonté, le bonheur. La liberté n’est que l’expression résolue de la volonté. Elle peut s’attacher à n’importe quoi aussi longtemps qu’elle ne se heurte pas à une volonté supérieure (humaine ou divine).

 

L’univers ockhamien a emprisonné la liberté dans une vision du monde étroite et négative, détachée de la nature humaine avec des conséquences parfois effroyables. L’émergence de ce que l’on appelle aujourd’hui le « projet d’autonomie »a conduit Nietzche à l’idée que les êtres humains sont radicalement autonomes, des « moi je » autocréateurs pour lesquels les relations avec les autres sont des rapports de puissance. Nous en avons vu concrètement les effets avec la première guerre mondiale, puis le IIIème Reich.

 

Parallèlement, la philosophie héritière de Thomas d’Aquin a pris un essor prodigieux, mais elle reste difficilement compréhensible et accessible dans un monde où prédomine la vision d’ Ockham. Sortir de ce piège demande de rééxaminer Thomas d’Aquin (et même Aristote !) et redécouvrir la philosophie morale sans laquelle on ne peut pas comprendre et développer un libéralisme authentiquement humaniste.

 

Au regard de ce retour au Moyen Age, on peut désormais dire qu’il n’y a pas un libéralisme mais des libéralismes reposant sur des bases philosophiques radicalement différentes.

 
 
 

La vertu de JUSTICE = respect de l'équité envers tous et en tout domaine.

La vertu de FORCE = détermination et courage dans la poursuite du bien face aux adversités

La vertu de PRUDENCE = direction d’une action vers son but légitime et recherche des moyens convenables et les mieux appropriés à une action efficace conforme au bien.

La vertu de TEMPÉRANCE = maîtrise de soi dans les initiatives et activités, afin de proportionner les désirs aux biens supérieurs.
Lundi 19 mars 2007

Comment parler de libéralisme sans parler de la liberté qui lui a donné la racine de son nom ?

La liberté est un des fondements de la philosophie libérale et un des moteurs de sa vivacité car, la liberté est ancrée dans le cœur de l’homme. Celui-ci aspire à la liberté. Mais tous n’ont pas la même vision de la liberté. Certains la recherchent pour elle même, d’autres y voit une utilité pour le progrès humain enfin certains la voit comme le chemin qui mène à la vérité et au bien véritable, à l’accomplissement personnel. C’est une classification pertinente que le Professeur Nemo a proposé pour différencier les conceptions de la liberté. Elle met en évidence des conceptions étagées de la liberté. En effet, en partant d’une conception étroite, on aboutit à une conception très large de la liberté.

C’est en suivant ce fil conducteur que nous allons montrer que ces façons de voir la liberté sont très différentes.

 
Premier degré : la liberté bien suprême

C’est celle défendue par les libéraux subjectivistes. La liberté est la référence suprême. Elle se résume à l’axiome «  est licite ce que l’on accepte ou voulons librement ».

Cette définition exprime une demi-liberté pour plusieurs raisons.

-          c’est une liberté pour ceux qui ont la capacité de l’exprimer ou de la faire valoir. Elle exclut de fait les autres hommes : les mourants, les embryons, les handicapés, ceux qui sont dans le coma, etc… Ceux-ci n’ont donc pas de liberté et peuvent être éliminés faute d’autonomie morale. En réduisant la personne à sa capacité d’autodécision et de choix, la concession de personne humaine n’apparaît que comme une concession sociologique. Or la personne humaine a un aspect certes subjectif, mais également objectif ontologique primordial : la personne a une valeur pour ce qu’elle est et non uniquement pour les choix qu’elle pose.
Le libéralisme subjectiviste glisse finalement vers la légitimation de la violence et la loi du plus fort.

-          c’est une liberté restreinte, qui se vit d’abord par un refus des limites et contraintes extérieures et non dans un choix positif. C’est à dire une liberté sans responsabilité. La liberté a pourtant un contenu : c’est toujours un acte qui aspire à quelque chose ou touche quelqu’un. La liberté porte nécessairement la responsabilité de ce contenu.
Si la liberté nie la responsabilité du choix, elle se réduit à une force aveugle qui finit par la détruire elle-même.
De plus elle ne devient complète que si elle se « libère » également des conditionnements intérieurs. Il y a peu de chances pour qu’une personne non libérée de son égoïsme intérieur soit un authentique bâtisseur de liberté.

-          Il existe une sorte de nihilisme dans cette vision de liberté valeur suprême : « rien n’existe avant la liberté et dans la liberté ». Or, tout acte libre suppose l’existence de la personne humaine qui le pose. La vie vient avant la liberté. Je suis libre parce que je suis vivant. La liberté suppose l’être et l’existence pour un projet de vie. La vie est la condition indispensable à l’exercice de la liberté. Si la liberté se retourne contre la vie, alors elle se détruit elle même et assèche sa source.

 
 
 
Deuxième degré : la liberté utile pour le progrès
 

La liberté est perçue comme un moyen de procurer une satisfaction optimale au plus grand nombre. La liberté est bonne parce qu'elle favorise le progrès. Mais, c'est une vision réductionniste de l'homme, car dans quel sens doit aller le progrès ? L'optimum de plaisir, de production ou de consommation ne permet pas d'y répondre. De plus le maximum de plaisir pour le plus grand nombre peut sous-entendre l’esclavage de certains pour y parvenir.

 
Troisième degré : la liberté pour agir en vérité
 

La liberté n'est pas voulue pour elle-même ni pour le progrès, mais parce qu'on attend de ces deux éléments qu'ils contribuent à une fin supérieure : celle d'agir en vérité.

On ne connaît pas d'autres moyens que la liberté pour obtenir le progrès en vue d'accéder à la vérité.

La liberté repose sur le libre arbitre, c'est à dire la faculté de choisir. La volonté exerce ce choix. Cependant, nous l'avons vu, toute volonté est éclairée par un jugement éthique sur le bien désiré et sur la préférence que nous devons accorder à l'un d’eux sur les autres. La liberté réside donc dans la volonté obéissant à la raison. La liberté a donc pour objet un bien conforme à l'éthique. La liberté, c'est finalement choisir le bien. C'est cela agir en vérité.
Choisir le bien procure l’épanouissement de soi et des autres.

Néanmoins, il arrive que notre intelligence propose à notre volonté un bien qui au lieu d'être véritablement bon ne l’est qu’en apparence. Notre jugement peut aussi être mal éclairé. Aussi, lorsque nous faisons un mauvais choix, nous ne sommes plus libres, car nous agissons contre la raison. C'est comme si nous devenions ensuite « esclave » de ce mauvais choix Comment parler de libéralisme sans parler de la liberté qui lui a donné la racine de son nom ?

La liberté est un des fondements de la philosophie libérale et un des moteurs de sa vivacité car, la liberté est ancrée dans le cœur de l’homme. Celui-ci aspire à la liberté. Mais tous n’ont pas la même vision de la liberté. Certains la recherchent pour elle même, d’autres y voit une utilité pour le progrès humain enfin certains la voit comme le chemin qui mène à la vérité et au bien véritable, à l’accomplissement personnel. C’est une classification pertinente que le Professeur Nemo a proposé pour différencier les conceptions de la liberté. Elle met en évidence des conceptions étagées de la liberté. En effet, en partant d’une conception étroite, on aboutit à une conception très large de la liberté.

C’est en suivant ce fil conducteur que nous allons montrer que ces façons de voir la liberté sont très différentes.

 
Premier degré : la liberté bien suprême

C’est celle défendue par les libéraux subjectivistes. La liberté est la référence suprême. Elle se résume à l’axiome «  est licite ce que l’on accepte ou voulons librement ».

Cette définition exprime une demi-liberté pour plusieurs raisons.

-          c’est une liberté pour ceux qui ont la capacité de l’exprimer ou de la faire valoir. Elle exclut de fait les autres hommes : les mourants, les embryons, les handicapés, ceux qui sont dans le coma, etc… Ceux-ci n’ont donc pas de liberté et peuvent être éliminés faute d’autonomie morale. En réduisant la personne à sa capacité d’autodécision et de choix, la concession de personne humaine n’apparaît que comme une concession sociologique. Or la personne humaine a un aspect certes subjectif, mais également objectif ontologique primordial : la personne a une valeur pour ce qu’elle est et non uniquement pour les choix qu’elle pose.
Le libéralisme subjectiviste glisse finalement vers la légitimation de la violence et la loi du plus fort.

-          c’est une liberté restreinte, qui se vit d’abord par un refus des limites et contraintes extérieures et non dans un choix positif. C’est à dire une liberté sans responsabilité. La liberté a pourtant un contenu : c’est toujours un acte qui aspire à quelque chose ou touche quelqu’un. La liberté porte nécessairement la responsabilité de ce contenu.
Si la liberté nie la responsabilité du choix, elle se réduit à une force aveugle qui finit par la détruire elle-même.
De plus elle ne devient complète que si elle se « libère » également des conditionnements intérieurs. Il y a peu de chances pour qu’une personne non libérée de son égoïsme intérieur soit un authentique bâtisseur de liberté.

-          Il existe une sorte de nihilisme dans cette vision de liberté valeur suprême : « rien n’existe avant la liberté et dans la liberté ». Or, tout acte libre suppose l’existence de la personne humaine qui le pose. La vie vient avant la liberté. Je suis libre parce que je suis vivant. La liberté suppose l’être et l’existence pour un projet de vie. La vie est la condition indispensable à l’exercice de la liberté. Si la liberté se retourne contre la vie, alors elle se détruit elle même et assèche sa source.

 
 
 
Deuxième degré : la liberté utile pour le progrès
 

La liberté est perçue comme un moyen de procurer une satisfaction optimale au plus grand nombre. La liberté est bonne parce qu'elle favorise le progrès. Mais, c'est une vision réductionniste de l'homme, car dans quel sens doit aller le progrès ? L'optimum de plaisir, de production ou de consommation ne permet pas d'y répondre. De plus le maximum de plaisir pour le plus grand nombre peut sous-entendre l’esclavage de certains pour y parvenir.

 
Troisième degré : la liberté pour agir en vérité
 

La liberté n'est pas voulue pour elle-même ni pour le progrès, mais parce qu'on attend de ces deux éléments qu'ils contribuent à une fin supérieure : celle d'agir en vérité.

On ne connaît pas d'autres moyens que la liberté pour obtenir le progrès en vue d'accéder à la vérité.

La liberté repose sur le libre arbitre, c'est à dire la faculté de choisir. La volonté exerce ce choix. Cependant, nous l'avons vu, toute volonté est éclairée par un jugement éthique sur le bien désiré et sur la préférence que nous devons accorder à l'un d’eux sur les autres. La liberté réside donc dans la volonté obéissant à la raison. La liberté a donc pour objet un bien conforme à l'éthique. La liberté, c'est finalement choisir le bien. C'est cela agir en vérité.
Choisir le bien procure l’épanouissement de soi et des autres.

Néanmoins, il arrive que notre intelligence propose à notre volonté un bien qui au lieu d'être véritablement bon ne l’est qu’en apparence. Notre jugement peut aussi être mal éclairé. Aussi, lorsque nous faisons un mauvais choix, nous ne sommes plus libres, car nous agissons contre la raison. C'est comme si nous devenions ensuite « esclave » de ce mauvais chois.
Dans l'antiquité, on disait que "nul n'est libre que le sage". Rappelons que le sage était celui qui s'était astreint à vivre conformément à la nature, c'est à dire dans l'honnêteté et la vertu.

Etre libre est donc une exigence d'abord vis-à-vis de soi et vis-à-vis des autres.

La sagesse nous recommande aussi de vivre en harmonie les uns avec les autres. Cela commence par s’aimer soi-même puis aimer les autres : c'est l'exercice de la charité.

Celle-ci ne nous commande pas seulement de nous pencher sur l'affamé ou le pauvre, mais de nous intéresser à tous les aspects de la société permettant d'améliorer le monde et de lutter contre le mal. 

Si nous voulons que le bien triomphe dans le monde, alors il nous faut souhaiter la liberté, pour que le progrès soit possible, et permettre ainsi d'atteindre la vérité..
Dans l'antiquité, on disait que "nul n'est libre que le sage". Rappelons que le sage était celui qui s'était astreint à vivre conformément à la nature, c'est à dire dans l'honnêteté et la vertu.

Etre libre est donc une exigence d'abord vis-à-vis de soi et vis-à-vis des autres.

La sagesse nous recommande aussi de vivre en harmonie les uns avec les autres. Cela commence par s’aimer soi-même puis aimer les autres : c'est l'exercice de la charité.

Celle-ci ne nous commande pas seulement de nous pencher sur l'affamé ou le pauvre, mais de nous intéresser à tous les aspects de la société permettant d'améliorer le monde et de lutter contre le mal. 

Si nous voulons que le bien triomphe dans le monde, alors il nous faut souhaiter la liberté, pour que le progrès soit possible, et permettre ainsi d'atteindre la vérité.
Lundi 19 mars 2007

Les clichés donnent souvent au libéralisme une image de doctrine économique et c’est un tort. La plupart des gens considèrent que c’est son seul domaine d’existence. Or, le libéralisme est avant tout une philosophie réaliste.

Par ailleurs, beaucoup de tenants de la philosophie libérale affirment que l’éthique ne fait pas partie de son champ d’investigation. Tout au plus expriment-ils que l’éthique est une question de choix personnel.

En définissant le concept d’éthique, nous allons voir que la réalité est toute autre.

 

L’éthique est la science qui s’appuie sur le comportement humain en relation avec les valeurs, les principes et les normes morales. L’Ethique intervient donc dans tous les domaines de la société et également dans tous nos choix personnels. En effet, il est impossible de séparer l’acte libre du jugement éthique, car tout acte libre et conscient possède un contenu qui n’est jamais indifférent ou neutre objectivement. On agit forcément pour quelque chose, sur quelque chose, ou en direction de quelqu’un. A chaque fois que nous devons prendre une décision, notre choix est toujours précédé d’un jugement moral qui va guider notre volonté : « ce que je veux faire est-il conforme à ma conscience  ? ». De la même manière, les décisions politiques, économiques, etc.. font nécessairement appel à un jugement moral. L’éthique est donc une exigence qu’il n’est pas possible de supprimer de la vie humaine. Elle est présente dans tous les actes humains. Comment certains libéraux peuvent alors affirmer qu’il n’y a pas d’orientation éthique dans la philosophie libérale ?


Les individus comme les décisionnaires d’institutions ou d’entreprises peuvent avoir une conception différente de la morale qui les amènent à prendre des options répondant à une logique propre. C’est pourquoi il est nécessaire de clarifier le débat moral. Le libéralisme humaniste se distingue des autres formes de libéralisme par son attachement à une éthique humaniste. Nous allons voir que cette conception constitue un véritable fossé vis à vis des autres formes éthiques.

L’Ethique peut être divisé en quatre courants principaux.
 

D’abord, l’éthique sociobiologiste. Elle est basée sur l’évolution des espèces en général, ainsi que de l’Homme et de la société. Ses tenants en déduisent que la morale ne peut qu’elle même évoluer. Il ne peut donc y avoir de principes et de valeurs universels. Si nous avons des droits de l’homme, ils ne peuvent être que temporaires.

 

Ensuite l’éthique subjectiviste. Elle est certainement un des courants qui influence beaucoup le libéralisme.

Pour elle, la morale ne peut se baser sur des valeurs objectives ou transcendantes, mais seulement sur les choix autonomes du sujet. En fait, le choix est le fondement de l’agir moral. La seule limite est la liberté d’autrui. La liberté est le point de référence suprême mais aussi le but ultime.

Il existe une difficulté pour ce courant à poser une norme sociale en particulier pour ceux qui au nom du principe d’autonomie n’acceptent que l’auto-contrainte. Pour éviter de recourir à la fonction coercitive de l’état léviathan, ils proposent « le principe de tolérance » ou le critère « d’absence de dommage important » à autrui. Il s’agit en fait de renoncer au fondement rationnel de la morale. Nous verrons dans le chapitre consacré à la liberté, que le libéralisme subjectiviste en posant l’exercice de l’autonomie comme central, exclu du même coup certaines catégories d’individus comme les handicapés, les mourants, les embryons. Ceux-ci se retrouvent dépourvus de droit avec les terribles conséquences que cela peut supposer.

 

Un autre courant est le pragmato-utilitarisme. Il est né de l’impasse du subjectivisme. C’est une sorte de subjectivisme de la majorité. Tout comme lui, il est marqué par un refus de la métaphysique et de toute norme universelle. Il consiste en un calcul de conséquences de l’action en fonction du rapport coût/bénéfice. Ses principaux représentants que sont Bentham et Stuart Mill le résument comme la maximisation du plaisir, la minimisation de la douleur et l’accroissement de la sphère des libertés personnelles, pour le plus grand nombre de personnes. L’utilitarisme ne respecte pas tous les êtres humains, et paradoxalement, place au même niveau les animaux et les hommes, en raison de leur capacité à ressentir (plaisir/douleur).

 

Tous ces courants éthiques ont en commun de ne pas reposer sur une vérité objective de la personne. En tentant de fonder uniquement la morale sur la liberté, l’utilité ou le progrès de l’espèce, elles se retrouvent au dénominateur commun… du relativisme éthique !

 
L’éthique humaniste s’oppose à cela.

Elle s’appuie sur des normes et des valeurs objectives universelles et hiérarchisées. Ces valeurs reposent elles-mêmes sur la structure ontologique de l’homme en tant que personne.
Mais qu’est ce qu’une personne ?

Ce concept de personne a lentement émergé depuis Aristote mais a surtout été développé par Saint Thomas d’Aquin et les néo-thomistes. La personne est composée d’une âme spirituelle qui informe et donne vie à la réalité corporelle. Autrement dit, le corps et l’esprit sont unis et constituent la personne. On ne peut donc réduire l’être humain à son seul corps. A la mort, le corps sans âme cesse d’être une personne. Le corps est donc humain parce qu’il est animé d’une âme spirituelle. Les rites funéraires existant depuis la préhistoire illustrent le respect du corps qui a abrité l’âme. La personne a donc une valeur sacrée.

 

Le concept de personne a des conséquences morales importantes.

 

En effet, la personne, de par sa nature, a d’abord une valeur pour ce qu’elle est et non pour ce qu’elle fait. Elle a un caractère objectif et existentiel primordial, contrairement à la thèse soutenue par les subjectivistes. La personne ne se résume donc pas à sa capacité d’autodécision. L’homme reste homme, même s’il n’exerce plus, pour des raisons accidentelles, ou n’exerce pas encore, ou ne réussit plus à exercer ses facultés mentales.

On ne peut pas dire que le corps est la propriété de l’homme, car le corps est l’incarnation de la personne humaine : le corps est sujet. Il y a donc un fossé incommensurable entre « la chose » dont on peut être propriétaire et le corps humain.

La société a comme point de référence la personne humaine. La personne représente la fin et la source de la société.

 

Voyons maintenant comment la personne pose ses actes librement.

 
La personne « en acte »
Tout acte libre comporte une responsabilité.

Cette responsabilité implique d’évaluer les biens en question et l’exigence de devoir répondre face à sa conscience. Celle-ci représente le jugement de la raison, relative à l’idée du bien et du mal. Pour chacun de nos actes, nous recherchons la connaissance nécessaire et le discernement pour évaluer leur valeur morale. Plus ce jugement est vrai et complet dans l’évaluation et plus le jugement moral sera objectif et valable. En revanche, plus ce jugement sera obnubilé ou bouleversé ou même privé des renseignements nécessaires et plus le jugement moral sera fallacieux, erroné. L’obligation morale ne consiste donc pas seulement dans le fait « d’agir selon sa conscience » mais aussi dans le fait de se former une conscience vrai, juste et sûre. Un homme peut errer de bonne foi avec une conscience erronée.

Le jugement se confronte à des normes, des lois objectives hiérarchisées qu’il doit respecter et que l’on peut résumer sous le vocable de « loi morale naturelle ». L’homme trouve cette loi par sa raison naturelle, de sa propre façon d’être, et dans l’éducation. C’est une loi universelle, immuable. La loi naturelle peut se résumer par ce qui est conforme à la nature humaine. Cette réalité morale devient accessible à l’homme par la lumière de son intelligence.

La loi naturelle, très critiquée par de nombreux courants philosophiques, est pourtant un fait plutôt qu’une théorie. C’est simplement le constat que l’homme est par nature un être moral et que la raison humaine est en soi une raison pratique et morale.
Pour le chrétien la loi naturelle est aussi le reflet de la loi éternelle qui est l’ordre de la réalité telle qu’elle existe dans l’esprit du Créateur.

La loi naturelle pousse toute conscience à faire le bien et à éviter le mal. Elle se concrétise dans le respect de la personne.

 

La valeur éthique d’un acte s’apprécie sous l’angle subjectif de son caractère intentionnel, mais aussi selon son contenu objectif et ses conséquences. Mais l’attitude subjective doit s’adapter à la valeur objective.

Par exemple, un homme renverse un enfant avec sa voiture accidentellement. Le jugement éthique prend en compte le fait que cet accident n’était pas intentionnel (jugement subjectif), mais n’efface pas pour autant la faute, car il y a eu objectivement mort de l’enfant (valeur objective de l’acte), ce qui est moralement inacceptable. Il y a donc une obligation morale à adapter le jugement subjectif à la valeur objective de l’action et non l’inverse.

Les valeurs morales contenues dans la loi naturelle ne sont pas créées mais découvertes. Elles apportent la qualité et la perfection aux actions humaines, car elles sont conformes au bien ou à la dignité de la personne.

L’éthique humaniste considère la réalisation des valeurs, le projet de soi comme le devoir suprême de l’homme. (On parle d’éthique téléologique).

 
 
L’humanisme peut-il être athée ?
 

Avant la révélation, les hommes avaient l’impression d’être manipulés par les dieux avec parfois des conséquences mortelles. La révélation apporte un Dieu qui n’est ni tyran capricieux, ni prédateur, ni abstraction lointaine. Les hommes se sentent libérés et comprennent qu’ils peuvent infléchir le cours de l’histoire dans un sens humain. Mais, ce que les hommes bibliques ont perçu comme une grande libération, les humanistes athées l’ont compris comme un esclavage. La liberté humaine ne pouvait coexister avec le Créateur. La grandeur de l’homme exigeait de le rejeter. C’est une nouveauté spectaculaire, car il ne s’agit plus d’un athéisme sceptique mais d’un humanisme athée. Celui ci se dote d’une idéologie développée et d’un programme pour refaire le monde. Le communisme et le nazisme en sont les aboutissements les plus épouvantables. Un humanisme athée ne peut être qu’un humanisme inhumain.

A un moindre degré, si nous coupons les droits fondamentaux de leur origine judéo-chrétienne, ils finissent par dériver, comme c’est le cas aujourd’hui à travers « l’idéologie des droits de l’homme ». On finit d’ailleurs par être incapable de pouvoir justifier leur existence face à l’adversaire.

 

Cela ne veut pas dire que le lecteur est invité à se convertir à la foi chrétienne pour être un libéral humaniste. Il s’agit plutôt d’admettre et de tenir compte que l’humanisme est d’origine et d’inspiration chrétienne. Il s’agit de reconnaître également que la philosophie libérale et le mouvement des lumières d’une manière générale n’auraient probablement jamais existé sans le christianisme. Les exemples de la filiation du libéralisme au christianisme foisonnent : citons l’université de Salamanque, qui dès le Moyen Age a fait progresser la science économique, Saint Bernardin de Sienne qui écrivait sur la valeur de l’argent, le catholique Brentano qui avait pour élève Carl Menger, le fondateur de l’école autrichienne, Frédéric Bastiat, sans compter l’Encyclique « Centissimus Annum » de Jean-Paul II le Grand qui respire le libéralisme etc…

 

L’éthique humaniste prend sa source en l’homme dont la dignité doit être respectée. Elle fait appel à des normes objectives inscrites dans la nature humaine. Sa finalité est la vérité et le bien pour chacun d’entre nous.

 
 
Le libéralisme n’est donc pas neutre
L’éthique ne peut être une question de choix personnel comme l’affirme un certain nombre de libéraux. Le libéralisme hors du champ de l’éthique est une farce. La preuve est apportée par cette classification éthique, où nous pouvons ranger tous les courants libéraux  ! On reconnaît un certain nombre de grandes figures comme Stuart Mill ou Ludwig von Mises avec le courant utilitaro-pragmatique. On retrouve Hayek qui oscille entre utilitarisme et sociobiologisme ou encore Murray Rothbard dans la catégorie des subjectivistes.
par David Valancogne publié dans : Ethique
 

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